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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:12

Extrait des Annales politiques et littéraires du 1° mars 1908:

... Donc, l'apprenti est en train de disparaître. Avec lui, s'en va un morceau de l'ancienne France... C'était une figure typique que celle de ce gamin, "ouvrier en herbe", mis à la besogne dès l'âge de dix ans, et s'initiant peu à peu à la pratique de sa profession future. Il se rattachait à l'ensemble d'une organisation patriarcale. Alors, l'artisan ne se préoccupait point de faire un bourgeois de son fils: il le poussait dans la voie qu'il avait lui-même suivie; ou bien il le formait, il le plaçait dans son propre atelier, chez son patron; ou bien chez un voisin, chez un ami, si l'enfant ne se sentait pas de goût pour le métier paternel. Et l'apprenti ne gagnait rien; il n'avait comme salaire que la science technique qui lui était versée par ses aînés et ses chefs. Il recevait de leurs leçons, de leur exemple, le moyen de devenir plus tard leur émule. Et cette instruction, justement parce qu'elle avait été lente, donnait des résultats admirables... Tous les ouvriers d'art, à qui nous devons les chefs-d'œuvre de l'ébénisterie, de la ciselure, de la sculpture sur bois, les élèves des Boulle, des Riesener, des Sauvresy, avaient acquis leur merveilleuse habileté dans un long apprentissage. Il est fâcheux que ces excellentes coutumes s'abolissent. Et pourquoi y renonce-t-on? Leur ruine imminente tient à diverses causes que le ministre (M. Cruppi, ministre du travail) a énumérées:

1° L'appétit du lucre ou la dureté croissante des conditions de la vie matérielle fait que les familles d'ouvriers ne tolèrent plus, dans leur sein, de forces improductives. Elles veulent que l'enfant rapporte tout de suite de l'argent à la maison. Les industriels, rebutés par ces exigences, ferment leurs portes aux petits et préfèrent n'employer que des adultes...

2° Le perfectionnement de l'outillage, les progrès du machinisme, rendent moins nécessaire qu'autrefois cette dextérité manuelle, si difficile et si laborieuse à acquérir... On a, maintenant, des mains d'acier, mues par l'électricité et la vapeur. De grossiers manœuvres suffisent pour les mettre en mouvement.

Conclusion: plus d'apprentis, plus d'ouvriers raffinés; nécessité où se trouvent certains corps d'état de recruter leur personnel à l'étranger.

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