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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 14:07

Ci-dessous, tiré du journal Le Magasin pittoresque de juillet 1856, un article sur Berzé-le- Châtel, village entre Mâcon et Tournus, patrie de mes ancêtres Charvet.

" De Mâcon à Charolles. Notes d'un voyageur.

...

Comme j'examinais les environs, j'aperçus les restes imposants d'un château fort du moyen âge, qui se dresse au-dessus et à droite de la route, et, prenant les devants, je gravis seul une longue côte, pour voir de près Berzé-le-Châtel. Jadis, dans les temps féodaux, ce repaire redoutable abritait les hommes d'armes toujours prêts, sous la conduite du seigneur, à fondre sur la contrée. Aujourd'hui, avec ses tours silencieuses, ses mâchecoulis ruinés et ses murs en terrasse, que recouvrent à moitié les festons de lierre, vous diriez le nid désert d'un oiseau de proie. On raconte toutes sortes de choses effrayantes sur ce château: l'imagination prolonge au loin sous les terres les souterrains de Berzé; on vous assurera même que le seigneur des lieux eut un jour la fantaisie d'enfermer dans un caveau, sans nourriture un homme et un boeuf, pour savoir lequel mourrait le premier. On ne sait pas quel fut le résultat; mais est-il certain que l'expérience fut faite?

En vérité, me disais-je en poursuivant ma route, cette masure menaçante est restée debout pour nous montrer combien Richelieu eut raison d'abattre les derniers boulevards de la féodalité. Je fus brusquement tiré de mes réflexions par un petit paysan qui me dit à trois reprises, car je ne le comprenais pas: - Avez-vous rencontré la première compagnie des gouris? - De quelle compagnie parlait-il? Les mouvemens de troupes étaient considérables cette année. Je lui fis, au hasard, une réponse insignifiante. Mon cocher, qui me rejoignit, m'expliqua en riant que les gouris sont des gorets, et qu'une bande de cochons venait en effet de passer sur la route. - Le petit bonhomme, ajouta-t-il, est quelque Lyonnais. - Comment le savez-vous? - Il se mit à rire de nouveau: - On appelle ici Lyonnais les enfants trouvés que l'hospice de Lyon envoie dans les campagnes, qu'on adopte, et qu'on emploie à conduire les oies, les chèvres, les vaches. "

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Published by froidefond - dans SAONE-ET-LOIRE
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