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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 20:11

Extrait du journal Le Voleur du 26 novembre 1863.

" Les éléphants du Jardin-des-Plantes.

... Soixante-cinq ans se sont écoulés depuis que la ménagerie du Muséum abrita pour la première fois des représentants de cette intéressante famille d'animaux. Dès 1798, en effet, trois ans après la conquête de la Hollande, elle s'augmenta de deux jeunes éléphants que le stathouder tenait de la Compagnie des Indes, et qui amusèrent tout Paris par leur gentillesse, Hanz et Marguerite, tels étaient les noms de ces éléphants, sur lesquels on eut un jour l'idée d'essayer l'influence de la musique, ainsi que M. Toscan nous l'apprend dans son Ami de la nature.

L'orchestre était établi hors de la vue de ces animaux, dans une galerie qui règne au-dessus des loges, et rangé autour d'une trappe que l'on n'ouvrit qu'au moment de l'exécution. Le concert commença par un trio de petits airs variés pour deux violons et basse, en si majeur. A peine les premiers accords s'étaient-ils fait entendre, que Hanz et Marguerite, prêtant l'oreille, accoururent vers l'endroit d'où partaient les sons. On les vit alors tourner avec inquiétude autour de la trappe, diriger leur trompe vers l'ouverture, se soulever de temps en temps sur les pieds de derrière; enfin, la crainte qu'on leur tendît quelque piège parut être leur première préoccupation; mais bientôt ils cédèrent aux sensations de la musique. L'air de dans en si mineur de l'Iphigénie de Gluck, musique d'un caractère fortement accentué, parut faire sur eux une vive impression. Dans leur allure, tantôt précipitée, tantôt ralentie; dans leurs mouvements, tantôt brusques, tantôt soutenus, on eût dit qu'ils suivaient les ondulations du chant et de la mesure.

Souvent ils mordaient les barreaux de leur cage, les étreignaient avec leur trompe, les pressaient du ^poids de leur corps, comme si l'espace eût manqué à leurs ébats et qu'ils eussent voulu en reculer les bornes. Des cris perçants, des sifflements leur échappaient par intervalle. Toute cette agitation tomba avec l'air: O ma tendre musette, exécutée en ut mineur, sur le basson seul, sans accompagnement. "La simple et tendre mélodie de cette romance, dit M. Toscan, rendue plus plaintive encore par l'accent mélancolique du basson, les a attirés par une sorte d'enchantement." Un adagio de l'opéra de Dardanus, Mânes plaintifs, chanté à deux voix avec son accompagnement en si bémol, fit encore une vive impression sur les éléphants. Par contre, les sons du cor de chasse, par lesquels on termina le concert, les laissèrent tout-à-fait insensibles."

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Published by froidefond - dans ANIMAUX
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