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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 20:34

Extraits d'un article pulié dans:

Le Magasin universel. N° 10. 26 décembre 1833.

Comme dans tout ce que je publie, les opinions exprimées ne sont pas forcément les miennes...

 

" Etats d'Alger.

... Nul pays dans le monde n'offre plus l'aspect d'une population sans unité; on peut y distinguer dix races différentes, 1° les Turcs ou Osmanlis, qui n'y sont plus qu'en petit nombre; 2° les Kouloulis ou Kolouglis, provenus du mariage des Turcs avec des Algériennes; 3° les Maures; 4° les Arabes qui se divisent en Arabes cultivateurs et en Arabes nomades, et qui se subdivisent à l'infini; 5° les Berbers; 6° les Biscares, que plusieurs écrivains distingués distinguent des Berbers; 7° les Juifs; 8° les Nègres; 9° les Européens; 10° les descendants des anciens Vandales (bien qu'on ait quelques doutes sur l'existence de cette dernière race).

Dans toute cette population si variée, les Biscares et les Berbers ont seuls le droit de se dire indigènes. Ces deux peuples, qu'on croit n'avoir formé jadis qu'une même nation, et dont on porte la population totale à 200.000 âmes environ, se distingue par une taille haute et svelte, un teint rouge ou noirâtre et une physionomie sauvage; ils sont braves, actifs, adroits, mais pauvres et féroces. La culture des terres, le soin de leurs troupeaux, la guerre et le pillage, voilà leurs seules occupations. Ils se battent sans cesse les uns contre les autres. Les Maures, dont le nombre s'élève à plus de 800.000, sont généralement hypocrites, prodigues de sermens, mais avec force restrictions mentales. Il est triste de penser que ce peuple, autrefois si florissant et si éclairé, qui avait aussi ses philosophes et ses savans, soit aujourd'hui si complètement déchu de sa grandeur passée. Quant aux Kolouglis, ils tiennent des Turcs leur morgue et leur fierté, des Maures l'hypocrisie et la paresse; ils sont au nombre de 100.000. Les Arabes, qui forment dans l'état d'Alger une population de près de 400.000 habitans, ne manquent ni d'activité ni de franchise, mais leurs habitudes nomades étouffent ces bonnes qualités; avides de pillage, ils regardent comme leur propriété tout ce qui passe par le désert. Nous ne dirons rien des Nègres, des Turcs et des Juifs, qui sont là ce qu'ils sont partout ailleurs. D'après un calcul approximatif, tous ces peuples réunis ne forment guère qu'une population de 1.700.000 habitans.

Les Arabes et les Berbers forment comme un état à part dans l'état d'Alger; ce sont des peuplades indisciplinées, qui n'ont presque pas de relations avec les habitans des villes. Les Turcs et les Kolouglis, les Juifs et les Maures se méprisent et se détestent mutuellement. L'occupation d'Alger par nos troupes n'a pu entièrement déraciner les préjugés nationaux et les vieilles antipathies qui divisent toutes ces populations vivant pêle-mêle sur le même territoire.

Le christianisme, le judaïsme et le fétichisme comptent des sectateurs dans ces contrées, mais le mahométisme y domine: le fétichisme ne compte guère de vrais croyans que parmi les Nègres et quelques peuplades berbères; le mahométisme est la religion commune des Turcs, des Maures, des Klouglis, des Arabes de toutes les tribus et de presque tous les Berbers et les Biscares.

L'instruction, même élémentaire, est très peu répandue à Alger. Lorsqu'un enfant sait lire, il y est l'objet d'une admiration générale. Quand il sait écrire, il passe pour un prodige. On écrit avec un roseau sur un parchemin poli à la pierre ponce, et soigneusement frotté d'un enduit onctueux. Outre le français et l'anglais et quelques idiomes de l'intérieur de l'Afrique, qu'on entend dans la bouche des Nègres esclaves, on parle dans la contrée algérienne cinq langues au moins, le Turc, l'Arabe, le Maure, le Berber et la langue franque ou le petit Mauresque.

Les produits les plus remarquables des fabriques de ce pays sont l'essence de rose, les niram ou tapis qui égalent en beauté les tapis de Turquie, et généralement la laine et la soie, admirables surtout pour la merveilleuse propriété qu'elles ont de s'empreindre de toutes les couleurs. Les maroquins et les bonnets de laine sont deux des principaux objets sur lesquels s'exerce avec succès l'industrie indigène. Ces bonnets de laine rouge sont devenus aujourd'hui la coiffure de la plupart de nos matelots, et depuis quelque temps un grand nombre de manufactures françaises exploitent cette branche d'industrie empruntée à l'état d'Alger. A Paris, plusieurs de ces fabriques emploient un très grand nombre d'ouvriers, et l'on y fait usage de machines à vapeur. Beaucoup d'entre elles ont su atteindre, à force de soins et d'expériences répétées, cette richesse et cette solidité de couleur, qui distinguent les bonnets de laine sortis des manufactures africaines. L'intérieur du territoire renferme des fabriques de faïence et de quincaillerie d'où sortent des produits assez beaux; enfin les corbeilles tressées avec des feuilles de palmier, et les nattes faites par les Arabes avec les beaux joncs de ce pays, sont regardées partout comme des objets de luxe, et ornent les appartemens des maisons les plus riches."

 

 

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Published by froidefond - dans ALGERIE
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