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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 09:19

Article paru dans le journal Le Magasin universel, N° 16. 6 février 1834.

" La grande horloge de la cathédrale de Strasbourg.

Cette fameuse horloge, chef-d'œuvre d'un art naissant, fut inventée par deux mathématiciens célèbres, Dasipadius et Wolkinstenius, l'an 1571. Entr'autres choses vraiment curieuses, on y remarquait un immense globe céleste dans lequel on voyait trois mouvemens bien distincts, d'abord celui du globe lui-même qui tournait de l'est à l'ouest en vingt-quatre heures; celui du soleil qui mettait une année à traverser le signe du zodiaque, et enfin celui de la lune qui faisait sa révolution en vingt-huit jours. Les machines qui mettaient ce globe en mouvement étaient cachées dans le corps d'un pélican; le pôle était indiqué par une étoile de cuivre, et le zénith par un ange placé au milieu du méridien.

On voyait aussi deux grands cercles, l'un de neuf pieds qui en entoure un de huit. Le premier tournait du nord au sud; il supportait deux anges, un au nord qui indiquait chaque jour de la semaine, et l'autre au sud qui montrait le jour qui devait venir six mois plus tard. Le cercle intérieur tournait du sud au nord, et mettait un siècle à revenir au même point. Différentes choses y étaient représentées, telles que l'année du monde, l'année de Jésus-Christ, le cercle du soleil, les équinoxes, le changement des points célestes qui se faisaient par le mouvement appelé trépidation, l'année bissextile, les fêtes mobiles, la lettre dominicale et le nombre d'or. Il s'y trouvait aussi un index immobile qui renfermait toutes ces merveilles pour différentes années; l'extrémité inférieure de cet index était réunie à son cerclez immobile aussi sur lequel était représenté l'Alsace et la ville de Strasbourg. Des deux côtés de ce cercle sur la muraille, on avait indiqué les éclipses de soleil et de lune depuis 1573 jusqu'à 1624.

La troisième chose, digne de remarque, était le mouvement hebdomadaire des planètes. Le dimanche on apercevait le soleil conduisant son char, et, lorsque sa course était finie, lundi paraissait, c'est-à-dire la lune dans toute sa splendeur; les chevaux du char de Mars montraient leur tête, et ainsi de suite pour le reste de la semaine. La quatrième était un cadran pour les minutes; du côté du nord, un enfant avec un sceptre à la main avertissait de l'heure qui allait sonner; un autre enfant, du côté méridional, tenait un sablier qui se trouvait en harmonie parfaite avec l'horloge, et lorsque l'heure sonnait, il retournait son sablier. Au-dessus du cadran aux minutes, était un cadran pour l'heure. La circonférence extérieure contenait les heures, et dans le milieu se trouvait un astrolabe qui montrait le mouvement de chaque planète, son aspect, et dans quel signe, dans quel degré et dans quelle heure elle est placée dans les différentes parties du jour. On y voyait aussi les mouvemens du soleil et de la lune, ainsi que la tête et la queue du Dragon.

Il y avait encore un cercle où était indiqué le lever et le coucher de la lune ainsi que le quartier dans lequel elle se trouvait.

Quatre petites cloches sonnaient le quart, la demie et les trois quarts de l'heure. Au premier quart paraissait un petit enfant qui frappait la première cloche avec une pomme, puis il allait se placer près de la quatrième: alors arrivait un adolescent qui lançait un dard sur deux cloches, et allait prendre la place de l'enfant. Au troisième quart paraissait un vieillard qui frappait quatre cloches avec un bâton crochu. Aussitôt la mort s'élançait pour frapper l'heure; elle planait au-dessus des quatre ages afin de pouvoir se saisir de ceux qui se présenteraient; mais arrivait le Sauveur du monde qui protégeait les plus jeunes, et la mort ne pouvait emporter que le vieillard.

Enfin, au sommet de cet ouvrage était une tour contenant un carillon qui faisait entendre à trois, à sept et à onze heures, un air différent, et à Noël, Pâques et la Pentecôte un air de réjouissance. Lorsque la musique cessait, le coq qui était placé au haut de la tour étendait le cou, agitait ses ailes et chantait deux fois. La tour renfermait tout l'ingénieux mécanisme de cette curieuse horloge dont il ne reste depuis long-temps que quelques débris."

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Published by froidefond - dans HORLOGERIE
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