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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 22:02

L'horloge astronomique de la cathédrale Saint-Jean de Besançon.

Enfant et adolescent, j'aimais, à Lyon, me rendre à la cathédrale Saint-Jean pour voir la belle horloge astronomique qui s'y trouve. D'autres villes, en particulier Strasbourg, Beauvais et Besançon,  possèdent des chefs-d'oeuvre de même nature.

Je viens d'acquérir une petite brochure sans date (début du XX° siècle), sans nom d'auteur ni d'éditeur, consacrée à celle de la capitale de la Franche-Comté; elle comporte d'intéressantes illustrations de son conservateur, P. Brandibas-Goudey; j'en donne quelques-unes plus loin.

C'est en 1857 que le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, demanda à Auguste-Lucien Vérité, fabricant d'horloges publiques à Beauvais, de réaliser cette horloge. On trouvera la biographie de cette personne en  annexe.

L'étude de l'ouvrage dura plus de six mois, sa réalisation deux ans et demi. L'horloge commença à fonctionner en août 1860.

En 1900, M. Florian Goudey, horloger à Besançon et beau-père de M. Brandibas-Goudey, répara l'horloge qui avait perdu son système d'automates et la plus grande partie de son système de marées.

L'horloge est de style Renaissance; à cette époque, les horloges étaient des instruments de luxe; les souverains s'en offraient en cadeau, ainsi celle envoyée à Soliman le Magnifique par le Roi de France, Henri II, par les bons soins de son ambassadeur, Gabriel de Luetz, seigneur d'Aramon.

Elle mesure 5m. 80 de hauteur, 2 m. 50 de largeur et 1 mètre de profondeur. Le mécanisme comporte plus de 30.000 pièces. Elle comporte de très nombreux cadrans, donnant notamment l'heure en 16 points du globe, les marées de huit ports (de Brest à Cayenne) qui sont représentés. Neuf automates figurent:

- la Vierge levant et abattant son sceptre;

- la Résurrection du Christ, à midi;

- la Pierre tombale, qui se referme à trois heures de l'après-midi;

- les Soldats apparaissant lors de la mise au sépulcre;

- les Archanges sonnant les quarts;

- la Foi;

- la Charité;

- l'Espérance;

- les douze apôtres se changeant à chaque heure et sonnant l'heure.

L'horloge actionne également les quatre cadrans placés sur la tour du clocher. Le plus grand a trois mètres de diamètre, les trois autres deux.

L'horloge est animée par onze mouvements moteurs.

Jean-Louis Charvet.

 

ANNEXES.

 

Note biographique sur Auguste-Lucien Vérité (extraite de la brochure ci-dessus mentionnée).

 

Auguste-Lucien Vérité naquit à Beauvais le 21 octobre 1806. Fils d'un graveur sur bois et imprimeur sur étoffes, il se sentit attiré de bonne heure par le goût de la mécanique et, après ses études, il s'établit horloger. Dès 1824, il attira l'attention du monde horloger sur son échappement de Graham modifié, dans lequel la fourchette était supprimée et l'ancre renversée, et, bien que l'exécution en exigeât de grands soins pour éviter l'accrochement, Vérité l'appliqua à quelques horloges de luxe.

A vingt-six ans, il fonda une fabrique d'horlogerie et de mécanique rue de la Taillerie, à Beauvais. C'est de cet établissement que sortirent de nombreuses horloges monumentales et d'intéressantes inventions dans le domaine de la mécanique et de l'électricité. Il présenta, en 1840, un curieux échappement libre à force constante pour pendule, se composant d'une bascule fixée sur la tige de fourchette; d'un bout celle-ci agit sur l'échappement; de l'autre elle reçoit dans une cavité une petite boule suspendue par un fil à l'extrémité d'un bras de levier, son autre bras s'engage et s'échappe tour à tour des chevilles de la roue d'échappement. L'impulsion du pendule est donc donnée par la simple pesanteur de la boule.

En juin 1844, il fit breveter un système de sonnerie d'horloge dans laquelle le volant modérateur était remplacé par un liquide enfermé dans deux cylindres.

Il fit, en 1853, à l'Académie des Sciences, une communication sur un grand régulateur qu'il exposa à l'Exposition de 1856. Cette pendule a un échappement électrique, à force constante, dans laquelle un petit poids remonté à une hauteur constante, par un courant électrique, fournit en tombant la force à un pendule. L'énergie électrique était fournie par une pile.

A cette époque, les chemins de fer, sortant de la période d'essais locaux, entrèrent en activité. Les réseaux furent concédés par l'Etat. Vérité leur livra des régulateurs et horloges de gares, et fit pour eux de nombreuses recherches concernant spécialement la signalisation électrique, la transmission de l'heure à un nombre indéterminé de cadrans, etc.

La brillante réalisation, en 1860, de l'horloge astronomique de la cathédrale de Besançon lui fit obtenir de Mgr. Gignoux, évêque de Beauvais, la construction de l'horloge, non moins importante, de la cathédrale de Beauvais, à laquelle il travailla de 1865 à 1868. Cette œuvre figura à l'Exposition de 1869, au Palais de l'Industrie.

A noter également l'horloge qu'il exécuta pour le Palais de Justice de Beauvais en 1844. Le pendule à compensation à gril est actionné à l'aide de deux bilboquets, le mouvement est à remontoir d'égalité. Cette horloge faisait marcher les aiguilles de 10 cadrans au moyen de fils de tirée qui, à chaque minute, décrivent un mouvement alternant de va-et-vient.

Indépendamment de ses œuvres mécaniques, Vérité se fit connaître également par ses idées originales sur la synchronisation des pendules par l'électricité, et, dès 1863, il appliquait cette réalisation, qui est à la base de l'unification de l'heure par l'électricité, et l'on peut, à ce titre, le considérer comme l'un des pionniers de l'horlogerie électrique.

Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1863, Vérité mourut à Beauvais le 18 juillet 1887.

 

Illustrations.

HORLOGE-BESANCON-001.jpgHORLOGE-BESANCON-003.jpgHORLOGE-BESANCON-002.jpg

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Published by froidefond - dans HORLOGERIE
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