15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 19:47

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Extrait de : Relation de voyage de Shang-Haï à Moscou, par Pékin, la Mongolie et la Russie asiatique, rédigée d'après les notes de M. de Bourboulon, ministre de France en Chine, et de Mme de Bourboulon par M. A. Poussielgue. 1859-1862. Texte et dessins inédits.

P 94 95.

«  (Tsien-Tsin) ne contient aucun monument remarquable, sauf quelques beaux gamouns situés sur le bord de la rivière, et une pagode très-ancienne, dite pagode des supplices, qui mérite par la bizarrerie de son ornementation une description particulière.

On y voit une suite de statues en bois peint et doré, presque de grandeur naturelle, qui figurent tous les genres de supplices infligés en enfer en punition des crimes commis ici-bas.

Le premier groupe représente un paysage: c'est un énorme rocher hérissé de pointes de fer, du haut duquel sont précipitées de petites figurines; dans leur chute, elles tombent sur les pointes qui les mettent en pièces. C'est le châtiment des ambitieux et des orgueilleux.

Dans le second groupe, on voit un homme tout nu pressé entre deux planches: des bourreaux sont occupés à le scier méthodiquement de bout en bout. C'est le supplice du parricide.

Dans le troisième est une femme également nue et attachée à un poteau: on lui arrache les entrailles, et on les remplace par des charbons ardents, après quoi on lui recoud le ventre. C'est une femme adultère.

Puis viennent: un homme auquel on perce la langue; mensonge et abus de parole; un autre écorché vif; trahison; une femme plongée dans l'huile bouillante; empoisonnement; enfin un mandarin broyé par une roue en fer, tandis que les chiens avides se pressent au bas de l'instrument du supplice pour lécher le sang, et dévorer les morceaux pantelants de la victime; incendie volontaire.

Le dernier groupe présente un mécanisme ingénieux. Sur une planche qui a un mouvement horizontal, est couché un supplicié débité en morceaux par un grand couteau qui le tranche régulièrement en s'abattant sur lui de haut en bas. C'est la punition des voleurs de grand chemin. Toutes ces horribles marionnettes sont montées avec art, et ne laissent pas que d'être effrayantes, malgré leur côté grotesque.

Les supplices inventés par les Chinois sont épouvantables, et l'artiste qui les a figurés n'a fait que les interpréter au point de vue des bonzes.

Autour des groupes sont placées les statues des dieux vengeurs de l'enfer qui président à ces tourments avec d'affreuses grimaces.

Enfin on trouve aussi dans cette pagode un grand paysage en bois sculpté couvert de figurines qui représente le chemin de la vie future: une foule nombreuse monte la route qui conduit au paradis; devant ses portes, le gardien du ciel, orné d'une barbe formidable, fait entrer les uns, repousse les autres, qui, désespérés, se jettent au fond d'un précipice, dans l'ombre duquel les tourmenteurs infernaux guettent leurs victimes.

Les prêtres de Bouddha cherchent, comme on voit, à frapper d'effroi l'imagination des pénitents, mais le Chinois est peu crédule de son naturel, et aime encore moins à délier les cordons de sa bourse; aussi le bonze assis à la porte a-t-il beau frapper avec fureur sur son tam-tam, l'aumône qui doit racheter les pêcheurs n'en remplit pas plus vite l'escarcelle de la communauté.

A. POUSSIELGUE.”kkiikjhjhjh-009.JPG

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Published by froidefond - dans CRIMES ET CHATIMENTS.
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