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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 04:14

Le Collège arabe-français à Alger (en 1864).

«  Le Collège impérial arabe-français est situé dans le quartier Bugeaud, le plus beau d’Alger. Avec ses sept portiques percés d’arcades cintrées, il peut passer pour une des œuvres  architecturales les plus remarquables de la ville. Les cours sont spacieuses ; les réfectoires, les classes, les dortoirs, sont bien aérés ; la mosquée, la salle des ablutions, le gymnase, ont des proportions convenables.

« L’un des moyens les plus propres à assurer notre influence sur la race arabe et à la diriger dans la voie qui convient à nos intérêts est, sans contredit, l’instruction, car l’instruction, en développant l’intelligence, a pour effet d’abaisser les barrières élevées par la différence des mœurs et des croyances. » (Rapport du gouverneur, 14 mars 1857.)

Le Collège marche progressivement vers ce but utile ; les jeunes Arabes, mêlés avec les élèves européens qui fréquentent le Collège, dans les récréations, les classes et tous les enseignements, adoptent promptement les mêmes habitudes de vie et de langage, les mêmes principes de moralité, fraternisent en toutes circonstances, et préparent ainsi les bases du rapprochement et de l’association des deux races.

La plus grande difficulté consistait à gagner la confiance des familles indigènes qui, soupçonneuses et défiantes, surtout en matière de religion, et craignant d’ailleurs quelque tentative de prosélytisme, pouvaient refuser d’envoyer leurs enfants au Collège. Il fallait donc leur donner une garantie certaine à cet égard : il fallait instruire leurs enfants dans les pratiques de leur culte, leur faire apprendre le Coran, leur assigner un iman ou directeur religieux. Tout cela a été fait. Il a suffi pour arriver à ces résultats de ne pas admettre comme pensionnaires des élèves européens pour lesquels il eût fallu un enseignement catholique.

Les Arabes, étant les véritables hôtes du Collège, se voient tenus en une sorte de considération qui les relève à leurs propres yeux. Ils sont comme chez eux ; rien ne les inquiète au point de vue de leur foi.

Déjà cinquante élèves indigènes environ sont sortis du Collège soit pour rentrer dans leurs tribus, où ils ont apporté des idées nouvelles et l’estime de la France, soit pour aller acquérir dans d’autres écoles, à l’Ecole de Saumur, à l’Ecole normale de Versailles, à l’Ecole de médecine d’Alger, les connaissances spéciales qu’exige la carrière qu’ils désirent embrasser, soit pour entrer dans l’interprétât après des examens subis avec succès, soit pour entrer dans les administrations françaises, soit enfin, quoique jeunes encore, pour diriger des tribus sous le titre de caïd.

Le Collège a eu, dans le principe, pour directeur, M. Perron, orientaliste. Ce savant, aujourd’hui inspecteur des établissements d’instruction publique, a été remplacé par l’excellent humaniste M. Cherbonneau, ex-professeur de langue arabe à la chaire de Constantine, qui a vécu pendant dix-huit ans en Algérie, au milieu des Arabes, et parle leur langue avec facilité. »

Texte tiré de la revue Le Magasin pittoresque, novembre 1864.

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Published by froidefond - dans ALGERIE
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