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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 00:14

Extrait d'un article du journal Le Voleur du 5 juillet 1861.

" ... La grand'mère d'Abd-ul-Medjid était une créole de la Martinique, mademoiselle Aimée Dubuc de Rivery, parente de Joséphine de la Pagerie, aïeule maternelle de l'Empereur des Français.

Mademoiselle Aimée Dubuc de Rivery naquit à la Martinique en 1766, d'une famille ancienne et notable de la colonie. Vers l'âge de dix ans, elle fut envoyée en France pour y achever son éducation, arriva à Nantes et entra comme pensionnaire au couvent des dames de la Visitation.

A l'âge de dix-huit ans, l'éducation de Mlle de Rivery étant terminée, elle s'embarqua à Nantes pour retourner à la Martinique, sous la conduite d'une gouvernante. Atteint d'une voie d'eau, le navire qui la portait fut sauvé par un bâtiment en route pour Mayorque; mais au moment où il allait toucher le port, il fut pris par un pirate algérien.

Mademoiselle de Rivery fut conduite à Alger, puis achetée par le dey, qui la trouva si belle qu'il l'envoya en cadeau au sultan. Il n'est pas douteux que, jetée dans une série d'événements si étranges, la jeune créole ait dû gémir sur sa nouvelle situation.

Cependant, bien élevée, instruite comme elle l'était, elle se fit bientôt distinguer parmi ses compagnes, et elle devint la sultane favorite d'Abd-ul-Hamed, père de Mahmoud et grand-père d'Abd-ul-Medjid.

Quelquefois le génie politique se développe largement chez des sultanes favorites, admises à toutes les confidences du gouvernement et exercées à toutes les intrigues d'une cour. De longs et grands règnes ont été fondés et gouvernés par quelques-unes de ces belles esclaves, perpétuant dans le palais l'ascendant de leurs charmes par l'ascendant de leur génie. Elles sont souvent le ressort caché des plus grands événements. Favorites, elles asservissent; femmes, elles inspirent; mères, elles couvent et préparent le règne de leurs fils.

Ainsi fut-il de la grand'mère d'Abd-ul-Medjid. Elle demanda et obtint que son fils reçût une forte éducation; elle l'entoura de tous les hommes éminents de l'empire, faisant raconter par les étrangers de distinction le grand spectacle des mœurs et de la politique des nations civilisées.

Dans une éducation qu'aucune esclave géorgienne ou circassienne n'eût été capable de lui donner, le père d'Abd-ul-Medjid puisa ces inspirations réformatrices qu'une femme chrétienne et civilisée était seule capable d'inspirer, en adoucissant les mœurs de son fils, et en ouvrant son cœur à des idées complètement opposées aux préjugés musulmans.

Voilà comment Abd-ul-Medjid se trouvait être, comme Napoléon III, petit-fils d'une créole de la Martinique. Les deux souverains sont parents (à un degré éloigné sans doute); ils ont des affinités de sang résultant de la position même des trois familles Dubuc, de Tascher et de Beauharnais, dans la colonie; les Dubuc y datent de la fondation; les Tascher et les Beauharnais y ont fait souche comme gouverneur et intendant du roi. Il est donc très-facile de s'expliquer comment entre les trois familles des mariages se sont accomplis à diverses époques. Elles se tenaient entre elles comme toutes les grandes familles de la colonie."

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Published by froidefond - dans TURQUERIES
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