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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:02

Le docteur Maillot, bienfaiteur de l'Algérie.

Du tome 104 (janvier-février 1897) de La Nouvelle Revue, je tire le texte suivant, consacré au docteur Maillot, et à son action bienfaisante dans les premières années de la colonisation française en Algérie.

Jean-Louis Charvet.

 

"Alger.

La justice de l'histoire vient enfin d'avoir son heure pour le docteur Maillot, le bienfaiteur de l'Algérie.

Quand il fut envoyé à Bône comme médecin militaire en 1834, la situation sanitaire de la ville et de la garnison était déplorable: la fièvre régnait en souveraine au pied de l'Edoug: on ne voyait que colons et soldats, les yeux caves, le teint jaune, le corps amaigri, agité d'un tremblement incessant; et, pour combattre le microbe paludéen, les médecins d'alors ne connaissaient que la diète, les purgatifs et les saignées qui réduisaient bientôt le malade à la cachexie et finissaient par le tuer. Les vallées de la Boudjema et de la Seybouse n'étaient pas seules à dégager les miasmes délétères. Presque toute l'Algérie passait pour malsaine, meurtrière. Un général déclarait que "les cimetières étaient les seules colonies fleurissantes de l'Algérie". Dès son arrivée à l'hôpital, le docteur Maillot eut l'idée d'employer à hautes doses le sulfate de quinine, précieuse découverte de deux pharmaciens-chimistes, Pelletier et Caventou. Il eut à lutter non seulement contre les préjugés de ses collègues, mais aussi contre la répugnance des malades à prendre ce sel si amer. Plus d'une fois, pour faire avaler à un de ses hommes la drogue qui devait le sauver, le jeune major fut obligé de la partager avec lui. Son dévouement et son esprit d'initiative obtinrent un résultat inespéré: le taux de mortalité tomba brusquement de 1 sur 3 à 1 sur 20. La thérapeutique nouvelle se répandit: l'armée cessa d'être décimée par la malaria et les villages européens s'élevèrent florissants dans les vallées fécondes que l'incurie des Arabes avait laissés se transformer en marais pestilentiels.

La récompense de ces services éminents fut pourtant lente à venir. Ce n'est qu'en 1888 que le parlement vota au docteur Maillot une récompense nationale demandée six ans auparavant par un député d'Alger, M. Letellier. Mais, à partir de ce moment, la longue injustice fut réparée. On donna le nom de Maillot à un village du département d'Alger, puis à une salle de l'hôpital civil. Enfin, cette année, un triple honneur a été rendu à la mémoire du propagateur de la quinine. Sa ville natale, Briey en Lorraine, lui a élevé une statue, et le général Billot, ministre de la guerre, a présidé lui-même l'inauguration du monument; puis un buste en bronze, dû à une souscription algérienne et au ciseau de notre compatriote, M. Falconis, a été érigé à Alger, près la porte Bab-Azoun, non loin de la statue du maréchal Bugeaud, l'organisateur de la conquête; plus récemment, un autre buste a été placé solennellement dans une salle de l'hôpital de Mustapha, en présence du corps médical, d'invités et de malades, dont beaucoup devront leur guérison à l'idée géniale, au courage et à la ténacité de l'ancien médecin-major de Bône.

L'hommage est tardif, mais il est éclatant.

Armand Mesplé."

 

Voir sur ce médecin exemplaire:

  http://www.ccpb54.fr/pdf/maillot.pdf

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Published by froidefond - dans ALGERIE
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