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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:17

Palestro et Cherchell.

De la Nouvelle revue (tome 107, juillet-août 1897), j’extrais l’article suivant, qui rappelle deux des combats qui émaillèrent l’histoire de la colonisation française en Algérie.

Jean-Louis Charvet.

 

« Alger. Deux cérémonies émouvantes viennent d’avoir lieu dans notre colonie : l’une est la translation des restes des victimes de Palestro sous le monument élevé à leur mémoire sur la place du village ; l’autre l’inauguration du buste du général Cavaignac à Cherchell. A quinze jours de distance, on a glorifié les héroïques martyrs de l’insurrection kabyle et l’un des plus vaillants chefs de la conquête.

Palestro ! ce nom rappelle les plus mauvais jours de 1871 en Afrique. La guerre franco-allemande avait éveillé chez les indigènes l’esprit d’indépendance. Sous la direction de Mokrani, l’orgueilleux bach-aga, ils s’étaient soulevés en masse dans la Kabylie. Le 21 avril, ils se ruent sur Palestro, petit village perdu dans les gorges sauvages au sud du Djurdjura. Les colons, décidés à lutter jusqu’au bout, se réfugièrent, avec leurs femmes et leurs enfants, dans les trois maisons reconnues les plus propres à la résistance : le presbytère, la gendarmerie, et la maison cantonnière ; mais la porte de la cure est bientôt forcée par surprise ; les défenseurs de la caserne, manquant d’eau et de vivres, entrent en pourparlers avec les assaillants et consentent à sortir de leur retraite ; mais une discussion se produit, un corps à corps s’engage : le curé Monginot, tous les gendarmes et quelques colons sont massacrés à coups de hache, de flissas et de matraques. Quarante-cinq personnes se défendent encore sur la terrasse de la maison cantonnière ; leur situation est affreuse ; un soleil ardent les dévore, un violent sirocco dessèche leur gorge, l’incendie allumé par les indigènes crépite sous leurs pieds et ils n’ont pas une goutte d’eau ! Force leur est de se rendre. Les survivants sont emmenés au village d’Azama.

Mais cinquante-cinq cadavres restent sur place. Voici l’épisode dramatique de la colonisation française que M. E. Broussais, vice-président du Conseil général a mis en relief dans le beau discours prononcé à l’occasion de la cérémonie du 27 juin dernier.

Le 11 juillet, c’était la prise et la défense heureuse de Cherchell que l’on célébrait en inaugurant le buste du général Cavaignac. Le 15 mai 1840, une colonne française s’en était emparée ; Cavaignac, alors chef de bataillon, en fut nommé gouverneur ; assiégé dans la place par les arabes pendant trois mois, il triompha de toutes les attaques : c’est à son courage, à sa patience, à son sentiment élevé du devoir comme officier et comme homme de gouvernement que M. J. Cambon, qui présidait la cérémonie, a rendu un éloquent hommage. L’Algérie vient ainsi de s’acquitter d’une double dette de reconnaissance en honorant presque simultanément les héroïques colons de Palestro et l’un des plus nobles soldats de la vieille armée d’Afrique. 

Armand Mesplé. »

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Published by froidefond - dans ALGERIE
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