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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 10:15

Sur les rives de l’étang de Berre avec un  éminent fils de La Fare : Jean Joseph Poujoulat (1808-1880).

 

Jean Joseph Poujoulat naquit  à la Fare le 29 janvier 1808, de Jean François, boulanger,  et d’Anne Françoise Rose Ricard ; il fit ses études à Aix, fut employé par Joseph François Michaud (académicien français depuis 1813) à la rédaction de la Bibliothèque des croisades. Avec lui il visita la Grèce et ses îles,  Constantinople, Jérusalem, puis  revint seul par la Syrie ;  ils consignèrent le récit de leurs pérégrinations dans un  important  ouvrage intitulé: la Correspondance d'Orient (1832-1835). Michaud et Poujoulat publièrent aussi  la Nouvelle collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France (1836-1838, 32 volumes). Poujoulat se présenta comme candidat légitimiste dans les Bouches-du-Rhône à l'Assemblée constituante et fut élu le 4 juin 1848. Réélu à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849,  il appartint à la majorité. Rentré dans la vie privée après le 2 décembre 1851, il combattit l'Empire dans les colonnes du journal royaliste l'Union. Il  a laissé de nombreux ouvrages, dont: la Bédouine (1835); Toscane et Rome, correspondance d'Italie (1839); Histoire de Jérusalem, tableau religieux et philosophique (1840-1842) ; Histoire de saint Augustin (1844); Etudes africaines (1846) ; Lettres sur Bossuet (1854); Le cardinal Maury, sa vie et ses œuvres (1855) ; Littérature contemporaine (1856), etc. Il collabora à différents journaux parisiens. Il mourut à Paris le 5 janvier 1880.

Dans ses Souvenirs d’histoire et de littérature, on peut trouver des pages d’une poésie nostalgique sous le titre «  La floraison des amandiers en Provence », pages qui commencent ainsi : « C’est surtout aux mauvais jours des sociétés que les aspects de la nature ont un grand charme ; au milieu de ces agitations politiques auxquelles nul ne saurait rester indifférent, car il s’agit du destin de tous, parfois l’amour d’une douce paix saisit l’esprit, et l’on se reporte par la pensée vers les lieux de la terre dont on a gardé le plus vif souvenir. »

Plus loin, il décrit sa région natale, au mois de mars :

« Il est bien des lieux sur les bords de la Durance ou du Var où cette floraison présente un gracieux coup d’œil ; mais c’est aux environs d’Aix, dans la vallée de l’Arc, qu’elle forme le plus vaste, le plus frais et le plus ravissant  tableau. Si vous vous placez sur les hauteurs qui dominent le village de la Fare, vous avez devant vous un spectacle dont la magnificence printanière éblouit ; toutefois, choisissez un autre point pour embrasser la vallée de l’Arc dans toute son étendue ; montez sur les collines au pied desquelles est bâti le hameau de Coudoux. De là vous voyez se développer un panorama qui, pour être beau, n’a pas besoin de la blanche parure du mois de mars ; à l’orient se dresse au loin Sainte-Victoire, qui se mêle au souvenir d’un triomphe de Marius, et dont le pic hardi et les lignes recourbées auraient souri au génie de Salvator-Rosa ; puis les sommets bleuâtres de Cabrier vous apparaissent ; plus près, Ventabren, semblable à un large nid d’aigle, et qui, mieux qu’Illion, mérite d’être surnommé le lieu battu des vents ; au-dessous, Saint-Eutrope couronné de noirs sapins et dont la forme pyramidale rappelle le Thabor ; plus bas, la villa du Moulin-du-Pont, entourée de pins et de peupliers, au bord de la petite rivière de l’Arc qui s’enfuit en murmurant : de ce côté, la chaîne méridionale qui borde la vallée est cultivée en gradins d’amphithéâtre comme les flancs du Liban et les montagnes de la Judée. A quelques lieues au sud-ouest, sur un mamelon isolé, dans le voisinage de l’étang de Berre, se montrent la tour de Bruni qu’on prendrait pour un phare, et les hauts rochers de Vitrolles, rochers nus et rougeâtres, pareils à une vaste muraille : au bout de cette plaine de cinq lieues de longueur, l’étang de Berre se déroule comme une frange ou un ruban magnifique. Au-delà de l’étang quelques points blancs se détachent au milieu d’un horizon brun ; c’est la petite cité de Martigues, la Venise provençale, qui n’a ni gondoliers ni barcarolles, mais des canaux couverts de barques de pêcheurs. »

Je ne connaissais pas ce personnage ni ces lignes lorsque, il y a peu, je retournai sur la Côte bleue et les rives de l’étang de Berre, lieux que je chéris depuis mon enfance, et qui ont vu naître et mourir (la plupart à La Fare) nombre de mes ancêtres. Je conseille vivement à mes lecteurs de se rendre sans tarder à Martigues, pour voir (jusqu’au 24 juin), au musée Ziem,  la très belle exposition D’une mer à l’autre, qui brosse un panorama de paysages marins, faisant voyager le visiteur de Marseille à Constantinople, de Martigues à Dieppe, à travers les œuvres de peintres tels que Félix Ziem, Eugène Boudin, Antoine Vollon ;  pour en savoir plus, consulter la page internet : 

http://www.musees-mediterranee.org/portail/expositions_fiche.php?menu=0&num_expo2=380

Tout près du musée Ziem, Martigues a  un petit musée consacré à l’histoire du cinéma, ouvert il y  a un an ;  Prosper Gnidzaz a légué à la ville 2250 bobines de films et 79 appareils de projection ; j’y ai  vu avec grand intérêt et grand plaisir   des films de Jean Painlevé, notamment L’hippocampe (1934), enrichi d’une musique de Darius Milhaud.

Jean-Louis Charvet.

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Published by froidefond - dans PETITES BIOGRAPHIES.
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