Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 23:17

Texte tiré du Dictionnaire historique d'éducation (1818).

 

Un homme condamné, pour vol domestique, à être pendu dans le village de la Marche, du ressort de Bar-sur-Aube, fut remis entre les mains de quatre archers, pour être conduit à Paris, par appel de son jugement. Au village de Guine-la-Putain, le condamné trouva le moyen de se dérober à la vigilance de ses gardes, qui, quelques recherches qu'ils fissent, ne purent découvrir le lieu de sa retraite. Les archers, arrivés à Paris sans leur prisonnier, sont écroués à la requête du procureur-général, qui les en rendoit responsables. On alloit travailler à leur procès, lorsque le criminel, ne pouvant étouffer les remords de sa conscience, se détermine à les délivrer aux dépens de sa vie, et, pour cet effet, à venir se constituer dans les prisons de la capitale. Quand il fut à la porte Saint-Antoine, il demande le chemin de la Conciergerie: il se présente enfin au guichetier, qui lui refuse l'entrée, attendu qu'il n'y avoit pas de jugement rendu contre lui. Alors ce malheureux lui déclare la nature de son crime, et la manière dont il s'est tiré d'entre les mains de ses gardes. Sur cette déposition, et sur la preuve parlante de son évasion, on lui fit la grace de l'emprisonner; et les archers lui ayant été confrontés, il avoua tout son délit, et fut reconnu pour l'homme qui leur avoit échappé. Cette action de probité, d'autant plus étonnante qu'elle partoit d'un homme qui devoit en paroître incapable, fut rapportée à M. le duc d'Orléans, régent du royaume. Elle toucha ce grand prince, qui donna la grace du criminel, et une somme d'argent pour lui faire reprendre le chemin de son pays.

Partager cet article

Repost 0
Published by froidefond - dans CRIMES ET CHATIMENTS.
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de jlcharvet.over-blog.com
  • : Des poésies, des histoires, etc.....
  • Contact

Recherche