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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 00:04

Une  chasse à la panthère à Beni-Mellal (Maroc).

Comme je l’ai plusieurs fois écrit sur ce blog, j’affectionne particulièrement la lecture des journaux d’autrefois, dans lesquels on trouve des renseignements sur la vie de nos ancêtres, renseignements  souvent ignorés de l’histoire officielle. Ma dernière acquisition, deux volumes, datés de 1929 et 1930 du Chasseur Français. Cette revue ne publiait pas que des articles relatifs à la chasse, loin de là. J’en extrais l’article suivant, paru dans le numéro de janvier 1929, sur une chasse à la panthère au Maroc ; il y est fait allusion aux Chleuhs, ces bandits qui se livraient notamment à l’enlèvement d’Européens pour obtenir une rançon.

Jean-Louis Charvet.

 

«  La chasse à la panthère au Maroc.

Beni-Mellal est situé aux pieds des Monts-Atlas, dans une des plus belles régions du Maroc ; les environs en sont boisés, les rivières et les sources sont nombreuses et le gibier y abonde. On y trouve en quantité le perdreau rouge, la bécasse, la bécassine, la caille sédentaire, le lièvre, etc. En été les palombes, les tourterelles et les pigeons y pullulent ; le sanglier, le renard, le chacal s’y rencontrent également fréquemment. La panthère se tient de préférence dans la montagne encore peuplée de Chleuhs (Berbères insoumis) demi-sauvages avec lesquels elle est en bonne compagnie. Ces Chleuhs, réduits de par leur faute à la misère, se livrent au brigandage, tendant des embuscades aux imprudents Européens qui s’éloignent des villages, ils les enlèvent, les emmènent sous la menace dans leurs montagnes et demandent ensuite de fortes rançons pour les rendre. On se souvient encore du retentissant enlèvement de MM. Maillet et Steeg et de deux dames. Il serait à souhaiter que ces bandits tombassent sur des chasseurs qu’un doublé de Chleuhs n’effrayerait pas. Tout dernièrement accompagné d’un de mes amis, enragé chasseur comme moi, et qui, le cas échéant, descendrait un Chleuh avec le même flegme qu’il descendrait un sanglier, j’étais parti avec mes chiens faire un tour de chasse dans la Deroua, à environ 4 kilomètres du lieu de l’enlèvement des 4 Européens précités ; les lentisques y sont là très épais et les perdreaux y abondent ; nous chassions au plomb n° 7 et l’endroit étant réputé peu sûr nous ne nous éloignions pas plus d’une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, conservant toujours à portée de la main 2 cartouches à chevrotines en cas de besoin. Nous chassions depuis un moment quand soudainement nos chiens viennent en courant se réfugier dans nos jambes, apeurés, enflant le dos, le poil dressé tout le long de l’épine dorsale. Mon ami s’arrête aussi et bascule son fusil et précipitamment change ses cartouches de 7 pour des chevrotines. J’en fais immédiatement autant, persuadé que nous nous trouvions en face d’une bande de Chleuhs, et, je me garde bien de me rapprocher de mon ami trouvant plus prudent de conserver notre écartement de façon à pouvoir nous défendre. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire mon ami met en joue, tire et me crie : « ça y est ! ça y est ! « . Je lui crie aussitôt à mon tour : « Attention, méfiez-vous, ce « Salopard » n’est certainement pas seul ». Tout joyeux mon ami me répond : « Mais il n’est pas question de « Salopard » c’est une panthère que je viens de tuer ».

M’approchant, je vois effectivement, couchée sur le flanc et bien morte,  une jeune panthère. Réquisitionner quelques indigènes des douars les plus proches, hisser la bête dans l’auto et rentrer fut l’affaire de quelques instants, trop heureux de ce magistral coup de fusil pour insister davantage.

La bête faisait exactement 2m25 du nez à l’extrémité de la queue et semblait âgée de 6 à 8 mois.

J’ai tué pour mon compte passablement de panthères quand j’étais en Perse, mais elles sont loin d’être aussi grandes et  belles que la panthère marocaine.

Quant à mon ami, nouvellement installé à Beni-Mellal, c’est sa première panthère : je ne saurais mieux faire que de lui en souhaiter maintenant une seconde.

Dr E. J. AZZOPARDY, Beni-Mellal, ancien abonné du Chasseur Français. »

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Published by froidefond - dans MAROC
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commentaires

kassila 15/09/2014 09:17

Voila ce qui explique l extinction de cette espece c est completement idiot et irresponsable

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