Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 13:31

Le troisième siècle de Jean-Henri Fabre tel sera le sujet de la communication d'Emile Laguna lors de la séance publique de l' Académie de Vaucluse le 2 décembre prochain a 17h30 au lycée Mistral rue d Annanelle à Avignon. Entrée libre et gratuite.

Repost 0
Published by froidefond
commenter cet article
19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:41

Le texte qui suit est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque, 1874.

Les Alsaciens-Lorrains en Algérie.

Au mois de novembre 1872, la Société de protection, présidée par M. le comte d'Haussonville, a envoyé en Algérie M. Guynemer, ancien sous-préfet de Saverne, pour visiter les Alsaciens et les Lorrains qui ont émigré dans la colonie. M. Saverne a passé trois mois en Algérie, et il a présenté, au mois de mai dernier, son rapport à la Société.

Les premières familles alsaciennes ont débarqué en Algérie au mois de décembre 1871. Elles ont été reçues par les comités locaux, qui les ont logées et nourries pendant quelque temps. Aussitôt que cela a été possible, on les a dirigées, au moyen de prolonges d'artillerie, sur les terres qu'on leur destinait. La contenance des lots qui leur ont été distribués varie selon les provinces et la nature du terrain ; la moyenne est de 40 à 50 hectares.

Outre les concessions de terre, il a été délivré à chaque famille d'Alsace-Lorraine une paire de bœufs, des fourrages pour les nourrir, une charrue, et de 500 à 800 kilos de semences. De plus, tous les colons ont reçu des vêtements militaires, et l'autorité a mis à la disposition des préfets et des comités pour les Alsaciens-Lorrains : 18000 capotes d'infanterie, 18000 paires de guêtres blanches, 600 paires de guêtres en drap, 2000 blouses bleues, 3000 vareuses en drap gris, 8000 pantalons en drap gris, 2000 tuniques en molleton, 3000 vestes, 828 capuchons en drap noir.

Au 1° mars 1873, 3261 colons venant de l'Alsace-Lorraine s'étaient embarqués pour l'Algérie. 915 de ces colons se sont fixés dans les villes des trois provinces où ils ont trouvé de l'ouvrage ; les 2346 autres se sont établis dans les villages en qualité de cultivateurs. 69 familles, comprenant 339 personnes, se sont installées dans la province d'Oran ; 168 familles, comprenant 727 personnes, dans la province d'Alger ; 279 familles, comprenant 1280 personnes, dans la province de Constantine.

Enfin la commission Wolowski, dans sa séance du 1° mars, a accordé, sur les fonds dont elle dispose, un premier crédit de 980.000 francs pour assurer la subsistance des familles alsaciennes-lorraines qui se trouvent actuellement en Algérie, et pour construire les maisons qui leur manquent encore. Dans une de ses prochaines séances, elle décidera ce qu'il convient de faire pour l'avenir, c'est-à-dire quelle est la somme qu'elle veut affecter à l'installation des immigrants alsaciens-lorrains qui voudraient se rendre encore dans notre colonie.

Les Alsaciens et les Lorrains ne sont pas les seuls Français qui vont en ce moment s'établir en Afrique. Pour ne pas sortir du département d'Alger, le village du Bois-Sacré a été fondé par 65 familles des Alpes-Maritimes, formant en tout près de 300 personnes. Ces familles ont été recrutées par M. Abbo, maire de Castellar (Alpes-Maritimes), d'où le nom de village Abbo ou Abboville qu'on donne quelquefois au Bois-Sacré. Le transport de l'Etat "La Dordogne" est allé prendre ces immigrants à Villefranche, près de Nice, et les a transportés à Dellys, d'où ils ont facilement gagné leurs lots.

Le village de Souk-el-Had, situé à 60 kilomètres d'Alger, sur la route de Constantine, dans la féconde vallée de l'Isser, a été peuplé pour la plus grande part de colons du département de la Drôme. Un certain nombre de familles du même département vont être installées sur la même route, au col des Béni-Amram, près de l'entrée des majestueuses gorges de l'Isser. (Moniteur de l'Algérie.)

Repost 0
Published by froidefond - dans ALGERIE
commenter cet article
19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:39

Le texte qui suit est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque,1853.

Sur l'avenir de l'Algérie. Ses richesses.

Les Arabes possèdent les premiers chevaux de l'univers, et leur principale richesse est le bétail. La race ovine réussit parfaitement dans le nord de l'Afrique, d'où est venu ce mérinos qui fit pendant longtemps l'orgueil des troupeaux espagnols. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, de 1845 à 1849, on voit figurer les bestiaux et les chevaux pour 14 millions, les laines pour 46, les peaux pour 31, les suifs pour 5 ; tous ces objets s'élèvent à environ 95 ou 96 millions.

Le mûrier croît sur le sol algérien, même dans les terres non irrigables, avec une vigueur inconnue en France ; le ver-à-soie n'aura rien à y craindre, au moment de son travail, ni froid, ni gelée, ni pluie, ni orages. L'olivier y acquiert les proportions d'arbre de haute futaie, et forme des forêts entières de plusieurs milliers d'hectares ; les récoltes de l'huile y sont plus sûres et plus abondantes qu'en France ; l'arachide, le sésame et les autres plantes oléagineuses s'y développent naturellement comme dans leur patrie. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, on voit figurer les soies pour 106 millions de francs ; les arachides, les graines oléagineuses et les huiles pour 68 ; en tout 174 millions environ.

La culture du tabac aromatique pour la pipe prend chaque année, dans nos possessions africaines, une extension de plus en plus grande. Le riz y annonce des produits qui rivaliseront avec ceux de la Caroline, et pourra s'étendre dans toutes les plaines basses. Les blés d'Afrique ont une vigueur qui justifie la réputation antique du pays célèbre autrefois comme le grenier de l'Italie. Les échantillons de coton ont été classés au même rang que ceux des Etats-Unis et de l'Egypte. Les oranges et les citrons rivalisent avec ceux de Malte, de la Sicile et du Portugal. Les fruits secs, confits ou tapés, ne semblent devoir céder en rien aux fruits similaires que présentent l'Europe et les colonies. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, on voit figurer le tabac, le riz, les céréales, les fruits secs pour 134 millions, et le coton pour 120.

En Algérie, les gisements de cuivre se montrent presque partout en abondance et régulièrement. Le fer y apparaît sur tous les points, et y constitue de véritables montagnes entièrement composées de fer oxydulé magnétique le plus propre à former de bons aciers. Le plomb s'y présente dans des mines très-productives. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, le cuivre, le fer, l'acier et le plomb entrent annuellement pour 44 millions.

La cochenille, dont la France achète à l'étranger pour plus de 5 millions par an, s'étend chaque jour en Algérie.

Le chanvre et le lin s'annoncent comme devant acquérir, sous le climat africain, des qualités et un rendement extraordinaires. - Or, le chanvre et le lin entrent pour 13 millions dans l'importation annuelle.

Si l'on ajoute à cette longue énumération les plantes médicinales qui y croissent pour la plupart spontanément, le safran qui s'y trouve sur son sol natal, la garance et l'opium qui promettent un succès éclatant, on ne pourra se refuser à reconnaître que l'Algérie, cette province égale en surface aux deux tiers de la France, pourra fournir un jour à la mère-patrie les 500 à 600 millions de produits dont l'énumération vient d'être faite.

La Californie ne jette guère sur le marché que 150 à 200 millions d'or ; nos compatriotes peuvent donc trouver à leurs portes, comme le font observer les Annales de la colonisation algérienne, une Californie paisible, saine, fertile, qui se couvre de routes, où les lois de leur pays les accompagnent et les protègent, où leur fortune sera en sécurité, où ils recevront journellement des nouvelles de leurs familles, et d'où ils pourront revenir en France en quarante-huit heures.

Repost 0
Published by froidefond - dans ALGERIE
commenter cet article
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 13:32

Source : Almanach du Magasin pittoresque,1852.

A la fin de 1850 et au commencement de 1851, nos troupes avaient eu à souffrir plusieurs agressions de la part des Kabyles de la petite Kabylie, toujours insoumis à nos armes. Ceux même de la grande Kabylie ne paraissaient point tranquilles, et tout faisait craindre que les prédications fanatiques du chef Bou-Barghla ne réussissent à soulever contre nous une partie de ces tribus. Aussi, dès le mois de mars, une expédition fut-elle résolue. A cette nouvelle, des conférences eurent lieu entre les chefs des principales tribus kabyles, et on jura de disputer le passage aux chrétiens. La petite ville de Collo, que nous occupions depuis quelques années, fut entraînée dans la manifestation, et le soulèvement eut lieu dans toute la contrée. Il en fut de même autour de Djidjelly.

Cependant, Bou-Barghla s'avançait vers Bougie, à la tête de nombreuses troupes de cavaliers et de fantassins. Aussitôt le lieutenant-colonel de Wengy, avec toutes les forces disponibles de la garnison, quitte la ville et va au-devant de l'ennemi. Bou-Barghla rencontré est mis complètement en déroute. Ainsi commence la campagne.

L'armée d'expédition était divisée en deux corps : l'un aux ordres du général Saint-Arnaud, l'autre aux ordres du général Camou. Chacun d'eux prit une direction différente. Le 11 mai, le général Saint-Arnaud, entré en marche, trouve, à la descente de Fed-Beinem, trois cols qu'il doit franchir, fortifiés et défendus par quatre mille fusils : il les franchit le jour même, et, après une série d'actions vigoureuses, il vient camper dès le 16 devant Djidjelly. Le 19, il quitte cette position, et, le 20, il s'élance sur les hauteurs que les Kabyles occupent à une lieue en avant de lui. En quelques heures, l'ennemi est acculé à un ravin placé à sa gauche, et là complètement battu. Il laisse sur le terrain trois cent quatre-vingts morts.

Le 22, nous entrons chez les Beni-Foughal ; nous les défaisons le 27, après avoir perdu cinq jours à parlementer avec eux ; et, le 31, nous atteignons l'Oued-Kassa pour retourner ensuite nous ravitailler à Djidjelly.

Pendant ces opérations, le général Camou exécute d'autres mouvements, avec non moins de succès, dans la subdivision de Sétif. Battu, comme nous l'avons dit, près de Bougie, Bou-Barghla s'était établi chez les Reboula : le 1° juin, le général Camou franchit, pour l'attaquer, l'Oued-Bou-Selham ; et, le jour même, lui tue trois cents hommes, lui prend sa tente, sa musique et son convoi.

Reparti de Djidjelly le 5 juin, le général Saint-Arnaud attaque, le 9, les Beni-Aissa, et brûle leurs villages. Le 10, il bivouaque au milieu des Beni-Maad ; et, le 12, après les avoir soumis, ainsi que les Beni-Marmi, il marche à la rencontre des Ouled-Nabet et des Beni-Segoual, qu'il soumet de même. La pacification de toute la partie ouest du cercle de Djidjelly étant ainsi complétée, il rentre à Djidjelly le 16, et se remet en campagne, le 18, contre les Beni-Siar et les Beni-Afer, en appuyant vers le massif de Collo. Le 22, il se trouve en face de forces importantes : devant lui sont les O.-Habibi, les B.-Mamer, les B.-Itha, les B.-Missleur, les O.-Aichah, les B.-Salah, les Djenaah, et quelques tribus de l'Oued-Zour. Le terrain est si accidenté, qu'il faut à nos colonnes plus d'une heure et demie pour arriver jusqu'aux crêtes que couronnent les Kabyles ; mais l'ennemi est attaqué avec une telle impétuosité, qu'il lui est impossible de tenir. Ni ravins ni montagnes n'arrêtent l'élan de nos fantassins. Entrée en action à onze heures, notre armée à quatre heures regagne ses campements, après un avantage décisif.

Pendant ces hauts faits, le général Camou, de son côté, parcourt sans obstacle la vallée de l'Oued-Sahel. Cependant, le 25, il se trouve en présence des Ouzellagnen, qui lui opposent une résistance vigoureuse. Il les défait et brûle tous leurs villages.

Le 24, le général Saint-Arnaud, qui s'est mis en marche vers les O.-Mansour, rencontre de nombreuses hordes de Kabyles qu'il aborde et disperse à la baïonnette. Mais de nouveaux contingents accourent de tous côtés, et nous montrent bientôt de douze à quinze cents fusils ; le combat doit recommencer. La charge bat, et nous rechargeons de nouveau l'ennemi étonné, que nous poursuivons, pendant plus d'une lieue. Cependant, reprenant sa marche, le 26, le général Saint-Arnaud a fait à peine quelques lieues, qu'il apprend que son arrière-garde soutient depuis deux heures un combat des plus vifs sur l'emplacement même de son ancien camp. Il retourne, et arrive juste à temps pour voir les Kabyles en pleine déroute. Le 29, après avoir embarqué ses blessés, il se dirige vers l'Oued-el-Kebir, où l'attendent deux nouveaux engagements : l'un, le 1° juillet, avec les O.-Atia et les B.-Ferguen ; l'autre, le 2, avec les B.-Messlem, par la défaite et la soumission desquels tout le cercle de Djidjelly devient enfin libre.

Repost 0
Published by froidefond - dans ALGERIE
commenter cet article
31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 17:45

" Au commencement de 1844, Abd-el-Kader, réduit aux dernières extrémités par nos troupes, ne pouvant plus tenir le sol algérien, s'était jeté dans le Maroc, et avait promptement réussi à y armer contre nous le fanatisme religieux des habitants. Déjà maintes excursions de nombreuses bandes avaient eu lieu sur notre territoire. On résolut d'y mettre un terme ; et le maréchal Bugeaud, alors gouverneur général de l'Algérie, prit lui-même le commandement des troupes. En même temps une escadre, composée de navires de différents bords, s'approcha des côtes marocaines. Le maréchal Bugeaud n'avait pas avec lui plus de dix mille hommes et seize bouches à feu, dont quatre pièces de campagne. Cependant l'empereur Mullei Abd-el-Rhaman s'empressa de nous faire des protestations de bon voisinage, tout en continuant de nous faire attaquer partiellement par ses généraux. Il ne voulait évidemment que gagner du temps afin de permettre aux hordes marocaines d'accourir du fond de son empire. Mais ses intentions furent de suite comprises et déjouées : le 6 août notre escadre bombarda Tanger, qui fut démantelé en quelques heures ; et le 9, le maréchal Bugeaud s'avança vers l'Isly, rivière derrière laquelle se tenait le prince héritier de Maroc, Sidi-Mohamed, avec de nombreuses forces.

Les Marocains occupaient les collines de la droite de l'Isly. Ils y avaient cinq camps, dont l'ensemble s'étendait sur un espace de près de deux lieues et formait un effectif de quarante mille hommes environ. Ils se sentaient si supérieurs en nombre, qu'ils ne parlaient de rien moins que de nous expulser complètement de l'Algérie.

Le 14, au point du jour, nos troupes passent une première fois l'Isly sans opposition. Mais, arrivées sur les hauteurs de Djarf-el-Adkdar, elles aperçoivent une partie de la cavalerie ennemie qui se porte en masse en avant pour nous attaquer au second passage. Nos tirailleurs les repoussent, et bientôt nous atteignons le plateau immédiatement inférieur à la butte où se trouve le camp de Sidi-Mohamed, des cinq le plus considérable. Le feu de nos quatre pièces de campagne est dirigé de ce côté, et le plus grand trouble s'y manifeste aussitôt. Mais dans ce moment des masses énormes de cavalerie sortent des deux côtés de derrière les collines et nous assaillent de toutes parts. Le maréchal avait prévu cette attaque. Selon son plan, renouvelé de celui de Bonaparte en Egypte, tous nos bataillons formés en carrés, s'échelonnent de manière à présenter les quatre faces d'un vaste losange, contre lequel les masses marocaines viennent se briser. Les bataillons des quatre angles sont tour à tour enveloppés par trois ou quatre mille chevaux à la fois, sans être ébranlés un seul instant. Après une mousqueterie terrible, que contient l'artillerie qui sort en avant des carrés pour lancer la mitraille, les Marocains se mettent à tourbillonner. Aussitôt, toujours dans le même ordre de bataille, nos troupes reprennent leur marche vers les collines, c'est-à-dire vers les camps ennemis. La cavalerie marocaine se trouvant alors divisée par la marche de nos bataillons et par ses propres mouvements, le maréchal s'empresse de faire sortir la sienne et de la lancer sur le point capital, qui est évidemment le camp du fils de l'empereur. Le colonel Yousouf, à la tête de six escadrons de spahis, soutenu de trois escadrons de chasseurs, aborde ce camp immense et le trouve rempli de cavaliers et de fantassins qui lui disputent le terrain pied à pied. Mais notre infanterie ne tarde pas à venir lui prêter appui, et le camp est tout aussitôt emporté.

Cependant, les Marocains à la débandade se sont ralliés en grosse masse sur la rive gauche de l'Isly, et semblent se disposer à reprendre ce camp qui regorge de leurs dépouilles. Notre artillerie se met en batterie sur la rive droite et protège le passage de notre infanterie, qui, bientôt soutenue par nos escadrons, recommence l'attaque. L'ennemi, de nouveau repoussé, est poursuivi pendant plus d'une lieue ; sa déroute est complète.

La bataille dura quatre heures. Toute l'artillerie marocaine, composée de onze canons, seize drapeaux, mille à douze cents tentes, dont celle de Sidi-Mohamed, et son parasol, signe de commandement, tombèrent en notre possession, ainsi qu'une grande quantité de munitions et un butin immense.

Un tableau immense, dû au talent de M. Horace Vernet, a consacré le souvenir de la bataille d'Isly : il est placé dans les galeries de Versailles."

Texte tiré de l'Almanach du Magasin pittoresque, 1852.

Pour voir le tableau d'Horace Vernet:

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=611

Repost 0
Published by froidefond - dans ALGERIE
commenter cet article
29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 17:21

Je reprends la publication de textes sur l'histoire de l'Algérie, espérant qu'ils seront utiles à tous ceux qui ont vécu là-bas, ou dont la famille en est originaire, pieds-noirs,harkis et tous autres.

Le texte ci-dessous est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque,1854.

" El-Aghouat, ou Laghouat, situé à 400 kilomètres environ au sud d'Alger, est le chef-lieu du district de ce nom. Depuis 1843, époque à laquelle notre autorité y fut définitivement reconnue, l'esprit de révolte y avait toujours été grandissant. Déjà, au mois de février 1852, une colonne française était venue camper sous ses murs. En septembre suivant, une intervention de ce genre fut encore nécessaire, et une nouvelle colonne, sous les ordres du général Yusuf, entra dans le pays. Nos soldats furent reçus amicalement en apparence ; mais bientôt le masque fut jeté et la révolte éclata de toutes parts, sous le souffle du chérif de l'Ouarghia qui, ayant mis ainsi en soulèvement presque toutes les populations du sud, rassembla autour de Laghouat un grand nombre de combattants.

Tout d'abord, par un hardi coup de main, le général Yusuf parvint à concentrer toute l'insurrection dans la ville même ; mais ne se sentant pas en force pour tenter un assaut, il dut réclamer l'appui du général Pélissier, chargé du commandement des colonnes du sud, qui était campé à El-Riod, sur l'Oued-Sidi-Naceur, à 200 kilomètres nord-ouest de Laghouat. Le général Pélissier se mit aussitôt en marche avec toutes ses troupes, deux obusiers de montagne et une section d'artillerie de campagne. Le 2 décembre, la jonction eut lieu. Le 3, le général Pélissier, qui avait pris le commandement de toutes les troupes réunies, reconnut d'une manière précise les abords de la place. Le marabout de Sidi-el-Hadj-Aïssa, situé sur un mamelon, à l'ouest, à peu de distance des murs de la ville, et presque de niveau avec le point le plus élevé des fortifications, lui parut le lieu le plus favorable pour y établir ses batteries de brèche. Un ordre fut donné en conséquence au général Bouscaren, qui les y dressa dans la nuit même. Le général Bouscaren avait sous son commandement un bataillon du 1° zouaves, deux compagnies du 2° bataillon d'infanterie légère d'Afrique, une compagnie du bataillon indigène de Constantine, la section d'artillerie de campagne et une section de montagne.

De son côté, le général Yusuf avait ordre de se porter à l'est de la ville et d'y monter par les rochers. Il avait avec lui le 1° bataillon du 60° de ligne, le bataillon des tirailleurs indigènes d'Alger, quatre compagnies du 3° bataillon d'infanterie légère et deux compagnies du 2° bataillon de la même arme. La ville devait aussi être enveloppée par la cavalerie.

Le 4, à sept heures du matin, les batteries de brèche ouvrirent leur feu ; la riposte des assiégés fut immédiate et vigoureuse, et dès le début une de leurs balles atteignit mortellement le général Bouscaren. A dix heures la brèche était reconnue praticable. Immédiatement le bataillon des zouaves et le 1° bataillon du 2° s'y élancèrent avec une intrépidité irrésistible ; la colonne du général Yusuf escaladait au même instant la ville à l'est. Presque aussitôt que les premiers assaillants, le général Pélissier, à la tête d'un bataillon, pénétra dans la place avec tout son état-major. Moins d'une heure après le signal donné pour l'assaut, nos soldats avaient triomphé de toute résistance extérieure et intérieure, la porte de la Casbah avait été enfoncée, et notre drapeau flottait sur le minaret. "

Ci-dessous,lien vers le site officiel de Laghouat.

Repost 0
Published by froidefond - dans ALGERIE
commenter cet article
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 16:12

Ci-dessous , tiré de : "L' extraordinaire aventure des mutins du Bounty. Paris. Documents originaux traduits et présentés par Marcel Thomas , Conservateur en chef à la Bibliothèque Nationale. Editions François Beauval. 1969.": un extrait du livre de bord du capitaine Bligh , commandant du Bounty , en date du 9 février 1788 :

Cette après-midi , ceux qui n'avaient encore jamais passé la Ligne furent soumis aux cérémonies traditionnelles. On ne les jeta cependant pas à l' eau : je n' ai jamais voulu souffrir ce rite à mon bord , car , de tous , c' est le plus brutal et le plus inhumain. Vingt-sept hommes et officiers furent donc passés au goudron et rasés avec un morceau de cercle de fer. Les officiers durent payer deux bouteilles de rhum et les hommes une , dont je promis de me porter garant. Je fis distribuer une demi-pinte (un quart de litre) de vin à chacun dès que la cérémonie fut terminée , et les danses commencèrent ensuite.

La danse était l' exercice physique le plus couramment pratiqué dans la marine à voile.

On trouvera sur mon blog d' autres récits du passage de la ligne, y compris le mien....

Repost 0
Published by froidefond
commenter cet article
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 17:32
Commémoration de la première guerre mondiale. La "grosse Bertha".

Ma grand-tante, qui vivait durant la première guerre mondiale à Paris, parlait souvent de la "grosse Bertha. Jusqu'il y a peu, je savais seulement qu'il s'agissait d'un canon allemand, particulièrement redoutable.

Je viens de trouver, dans le numéro du 5 juin 1920 de L'Illustration, un article fort documenté et bien illustré sur cet engin de mort ; signé par le Lieutenant Colonel Sauveroche, il s'appuie sur des renseignements empruntés à un lieutenant-colonel américain, H.W. Miller.

Construit par la célèbre maison Krupp, ce canon, installé près de Crépy-en-Laonnois, à 110 kilomètres de Paris, tirait des projectiles de 50 centimètres de longueur, chargés d'une poudre contenant 25% de nitroglycérine. Il fut employé du 23 mars au 9 août 1918.

Le fait que le projectile se déplaçait dans les hautes couches de l'atmosphère, et d'autres causes, firent que son efficacité fut limitée. Voici ce qu'écrivait à ce sujet Sauveroche :

" ... si, au point de vue scientifique, l'élaboration du canon de 100 kilomètres a été une œuvre très remarquable, on peut dire qu'au point de vue pratique cet engin n'a donné aucun résultat sérieux. Les dégâts matériels ont été à peu près nuls et le nombre des gens tués, en cinq mois de bombardement, n'a pas dépassé 256. Quant à l'effet moral produit, il a peut-être été bon chez les Allemands, mais en France il n'a fait qu'exaspérer la combativité, en même temps qu'il contribuait à débarrasser Paris des éléments faibles ou franchement mauvais et notamment des étrangers suspects qui l'encombraient.

Ajoutons que la construction des Berthas, quelque bien menée qu'elle ait été, a absorbé un matériel et un personnel de choix impossibles à remplacer, aggravant ainsi la pénurie d'artillerie lourde dont les Allemands ont tant souffert à la fin des opérations."

Je parlerai prochainement d'armes de guerre autrement plus efficaces, les gaz.

Jean-Louis Charvet.

Repost 0
Published by froidefond - dans GUERRE 1914-1918
commenter cet article
15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 07:50

Ce lundi 18 mai 2015 à 20H30, café des Arts, 8 place de l'Horloge à Avignon. Entrée libre. Consommation 4 euros. Report à une date ultérieure.

Repost 0
Published by froidefond
commenter cet article
11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 00:43

Aix en 1833.

En 1833 paraissait à Aix, chez l'imprimeur Mouret, la deuxième édition d'Aix ancien et moderne..., sans nom d'auteur; la dédicace de l'ouvrage était signée des initiales J.F.P..., de Jean-François Porte (1784-1854), érudit, numismate, musicien, membre de l'Académie d'Aix, etc. Il s'agit d'un livre précieux et recherché, contenant en particulier de nombreuses notices biographiques, ainsi qu'une description détaillée d'Aix au début de la Monarchie de Juillet.

Porte décrivait les Aixois comme imaginatifs, réfléchis, réservés dans leurs affections, mais dotés d'un défaut majeur: "... on remarque chez eux un défaut notable, c'est une apathie mortelle pour tout ce qui touche à l'avantage de leur pays. S'agit-il d'un établissement utile ou d'une entreprise avantageuse? La réussite échoue, si elle dépend du concours universel, parce que chacun se reposant sur les soins de ses compatriotes se sépare de cette communion d'intérêts. Si quelque citoyen zélé pour le bien public élève la voix, il ne rencontre qu'une froideur qui empêche de prêter l'appui nécessaire à la réussite, ou bien une inertie qui paralyse le bien qu'il projetait. Cette indifférence envers la patrie se porte sur tous les objets. Elle fait même éprouver ses funestes effets à la classe ouvrière et au négoce."

L'auteur note cependant qu'Aix a pu être appelée l'Athènes du midi, en raison de son amour des sciences, de l'art et de la littérature.

En ce qui concerne les manufactures, on pouvait compter à l'époque cinq tanneries, six distilleries, cinq imprimeries de toile, neuf fabriques de draps grossiers, dits cadix, une filature de coton.

En ce qui concerne l'enseignement, il existait un collège, un grand séminaire et un petit séminaire, une faculté de droit, une école de dessin (au musée).

Dans les considérations qui concluaient son ouvrage, Porte parlait d'une ville déserte, vivant de souvenirs, alors que Marseille et Avignon se développaient considérablement dans les domaines commercial et industriel. Il souhaitait que sa ville devienne le chef-lieu du département, et proposait six mesures:

"1° Joindre à la faculté de droit, celles de médecine et des arts;

2° Construire de nouveaux bains d'eau chaude, en utilisant les sources délaissées que la ville possède;

3° Etablir des expositions annuelles des productions des beaux-arts, des produits de l'agriculture, des manufactures et de l'industrie, en y admettant ceux du restant du département, et des départements des Basses-Alpes, du Var et de Vaucluse qui formaient l'ancienne Provence;

4° Restaurer les monumens anciens. Nous avons parlé dans cet ouvrage d'une salle de bains antiques, située, suivant Piton, sous la place aux herbes. Si cette salle existe vraiment, n'est-il pas fâcheux qu'elle reste enfouie sous une place, au lieu d'être offerte à la curiosité des voyageurs?

6° Pourvoir la bibliothèque Méjanes des ouvrages qui lui manquent, et compléter ainsi cette magnifique collection. Ce grand dépôt littéraire réclame aussi un classement, sans lequel les richesses qu'il renferme ne sauraient être utilement consultées. Jusqu'à ce que l'ordre y soit établi, on ne pourra recueillir aucun fruit des collections que son illustre fondateur avait formées dans tus les genres d'érudition."

Porte recommandait également des mesures pour favoriser le commerce, et l'industrie en particulier la lutte contre les fraudes (en particulier sur les huiles) et l'utilisation du courant de l'Arc pour faire fonctionner diverses fabriques.

Il faudra longtemps pour que les vœux de cet honnête homme soient exaucés...

Jean-Louis Charvet.

Repost 0
Published by froidefond - dans PROVENCE
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de jlcharvet.over-blog.com
  • : Des poésies, des histoires, etc.....
  • Contact

Recherche