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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 20:50

Extrait du journal La Narure du 10 décembre 1887. P 25 et s. La nouvelle expédition de Stanley.

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" ... Nous ne voulons pas terminer ce rapide résumé de ce que l'on sait à l'heure actuelle de l'expédition partie au secours d'Emin-Pacha, sans dire quelques mots des populations du Congo et de l'Arrouhimi. Ceux qui paraissent les plus intelligents et les plus industrieux sont les Ba-Yanzi. Ils savent tourner des poteries, sont habiles à travailler le fer et les autres métaux, ils fabriquent notamment des hachettes et des couteaux qu'ils vendent aux Bateké et aux Ouabouma. Leurs meubles en bois sont décorés avec un certain goût et leurs habitations, notamment à Bolobo, sont construites avec soin. Ils sont fous de musique et possèdent des instruments de musique tels qu'une sorte de lyre à cinq cordes et un tympanon dont ils savent tirer des sons relativement mélodieux.

Par malheur, ce semblant de civilisation est mêlé d'étranges superstitions et de dégoûtantes pratiques. C'est ainsi que l'esclavage est si bien entré dans les mœurs qu'on trouve tout naturel, à la mort d'un chef, de massacrer ses épouses et ses serviteurs les plus fidèles (fig. 1). Leurs crânes sont alors piqués autour du cône d'argile sur lequel ont été tracés quelques dessins fantastiques et qui recouvre les restes du chef. Dans la vue que nous donnons, ces motifs ornementaux sont accompagnés d'un parapluie tout ouvert (fig. 2), objet qui avait peut-être abrité de la pluie quelque pimpante Parisienne et qui est devenu au Congo, comme l'est le parasol dans tout l'extrême Orient, un insigne de la puissance.

Les Ba-Yansi sont convaincus que tout individu qui quitte ce monde passe immédiatement dans un autre où il mène la même existence, où il est soumis aux mêmes besoins et aux mêmes passions. Aussi, comme il ne serait pas convenable et décent qu'un chef arrivât dans l'autre monde sans un important cortège de femmes, d'amis et d'esclaves, les exécutions sont-elles nombreuses. Les femmes sont généralement pendues à un arbre et leurs dernières convulsions d'agonie sont accueillies par les démonstrations de joie des assistants qui ne pensent pas qu'ils sont exposés, un jour ou l'autre, au même traitement.

Quant aux hommes, ils sont assis sur une pièce de bois et liés à des pieux solidement enfoncés en terre de manière à ne pouvoir bouger: leur cou est entouré d'un cercle de roseau avec plusieurs cordelettes qui se relèvent au-dessus de la tête. Une perche de bois flexible est ployée jusqu'à ce que la corde attachée à son extrémité puisse s'adapter par un nœud aux cordelettes qui entourent la tête de la victime. En se redressant, le bambou tire sur le cou de la victime et le maintient rigide, si bien qu'après avoir marqué à la craie l'endroit où il va frapper, le bourreau décapite d'un seul coup le malheureux esclave. La tête est alors enlevée à une grande hauteur par le bambou qui se détend et, avant de retomber au loin, envoie sur les assistants une rosée sanglante.

Le lieutenant van Gèle fut témoin d'une exécution absolument semblable chez les Bakoutis non loin d'Equateur Station, et Stanley, qui raconte la scène, ajoute: "Le massacre accompli, on fit bouillir toutes les têtes, afin de les scalper et de détacher les crânes pour en décorer des pieux plantés autour de la tombe du chef. Quant aux cadavres, on les précipita dans le Congo et la terre, saturée de sang, fut enlevée et employée à ensevelir le chef défunt."

Il faut croire que ces exécutions sont très fréquentes, car tout dernièrement, la rumeur publique ayant accusé le chef de Banda Secha (Bas Congo) d'avoir sacrifié plusieurs femmes à l'occasion du décès de son père, le gouverneur général du Congo ordonna une enquête afin de faire comprendre aux indigènes que l'Etat ne pouvait tolérer plus longtemps de telles pratiques. Le Mouvement géographique du 11 septembre 1887 raconte que le roi, interrogé sur ces faits, sourit malicieusement et répondit qu'il ne pouvait s'expliquer sur les circonstances qui avaient amené ces sacrifices, "par la raison qu'ils n'ont pas été consommés. Personne, ajouta-t-il, n'a été tué ni sacrifié à l'occasion de la mort de mon père." Nous n'avons pu prouver le contraire, dit l'agent du Congo, malgré l'habileté avec laquelle nous avons tâché de poser nos questions."

GABRIEL MARCEL."

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Published by froidefond - dans CONGO
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