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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 21:35

CHANT-DU-PECHEUR-DE-SARDINES-001-DETAIL-1.jpg

 

CHANT-DU-PECHEUR-DE-SARDINES-001-DETAIL-2.jpg

 

CHANT-DU-PECHEUR-DE-SARDINES-001-DETAIL-3.jpg

 

Ce poème est extrait d'un recueil de poésies choisies pour les enfants "La Poèmeraie, cahier VI", édité en 1937 à Paris par la librairie Gedalge.

Pour en savoir plus sur le poète, voir, pour commencer:

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Ghil

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 23:40

Je chante pour passer le temps


Je chante pour passer le temps
Petit qu’il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l’étang
Je chante pour passer le temps

J’ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j’ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n’est plus pareil
J’ai vécu le jour des merveilles

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d’avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l’alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu’importe à présent qu’on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s’est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune

Et j’en dirais et j’en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l’homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j’en dirais et j’en dirais

Oui pour passer le temps je chante
Au violon s’use l’archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l’ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante

Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps

Louis Aragon, Le roman inachevé, 1956

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 23:39

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 22:42

Delfica

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants
Cette chanson d'amour qui toujours recommence ? ...

Reconnais-tu le TEMPLE au péristyle immense,
Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents,
Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,
Où du dragon vaincu dort l'antique semence ? ..

Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d'un souffle prophétique ...

Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l'arc de Constantin
- Et rien n'a dérangé le sévère portique.

Gérard de Nerval.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 22:05

Extrait de la Revue comtadine. N° 72. Avril 1938.

 

Avignon, la reine.

Pantoum.

A Francis Chadeyras.

 

Avignon, ô ville du rêve,

Fleur de la terre ou don des cieux.

J'ai souvent rêvé sur la grève

Auprès du fleuve furieux.

 

Fleur de la terre ou don des cieux,

Un flot de lumière t'inonde.

Auprès du fleuve furieux

Souvent je me penchai vers l'onde.

 

Un flot de lumière t'inonde;

Ton ciel est bleu, ton air est pur.

Souvent je me penchai vers l'onde,

En me mirant aux flots d'azur.

 

Ton ciel est bleu, ton air est pur;

Ton printemps rit toute l'année.

En me mirant aux flots d'azur,

Je revoyais ma destinée.

 

Ton printemps rit toute l'année;

Mille parfums flottent dans l'air.

Je revoyais ma destinée:

J'ai travaillé, lutté, souffert.

 

Mille parfums flottent dans l'air:

Amandiers, grenadiers, verveines.

J'ai travaillé, lutté, souffert;

Qu'importent maintenant ces peines?

 

Amandiers, grenadiers, verveines;

Suaves fleurs, fruits savoureux,

Qu'importent maintenant ces peines?

On s'aimait, l'on était heureux.

 

Suaves fleurs, fruits savoureux,

La vie ici nous semble brève:

On s'aimait, l'on était heureux,

Avignon, ô ville du rêve.

 

A. VAILANDET.

1° Mars 1938.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 22:56

Le poème qui suit est extrait de: Œuvres diverses de Grécourt; nouvelle édition, soigneusement corrigée, & augmentée d'un grand nombre de Pièces qui n'avoient jamais été imprimées. Tome second. Contenant les Contes, les Chansons, &c. A Luxembourg. M.DCC.LXI.

Je le recommande aux amis de l'enseignement catholique.

 

 

 

La confession latine.

 

Un vieux Régent de Réthorique

Promet à tous ses Ecoliers

De les confesser volontiers,

Pourvu qu'en Latin on s'explique.

Unum mendacium feci,

Dit l'un, en commençant son rôle.

Que dites-vous-là, petit drôle;

L'énorme faute que voici!

Vous serez tancé d'importance.

Puellam vitiavi ter.

Cela vaut mieux, dit le Pater;

Continuez: c'est du Térence.

Cum Sociis habui rem;

C'est le plus fréquent de mes vices.

Eh! cher Enfant, quelles délices!

Hoc redolet Ciceronem.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 22:54

 

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 20:17

La place Saint-Didier.

 

A Monsieur François Seguin, imprimeur.

 

La place Saint-Didier, s’il vous plaît? - La voici!

Et franchissant l’arceau, vous regardez: l’église,

Sévère monument par les siècles noirci,

Tout d’abord vous étonne et vous immobilise.

 

Puis une fraîche allée au feuillage épaissi

Vous offre son refuge où l’oiseau vocalise,

Tandis que les maisons se profilent ainsi

Qu’un blanc panorama dont le fond s’égalise.

 

Mais quel est ce concert étrange et gracieux?

Le joyeux carillon, s’éveillant dans les cieux,

Vous berce et vous évoque une ville de Flandre.

 

Et puis vous saluez le chantre de Zani,

Le modeste Aubanel qui, redoutant l’esclandre,

Poursuit sous les rameaux son doux rêve infini.

Note: la place Saint Didier était, autrefois, ornée d'un buste du poète Aubanel.

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 19:40

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 14:47

L'albatros.

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

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