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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 14:43

Je viens de recevoir un pli affranchi avec un timbre représentant la statue d'un compagnon à Tours, ville où l'on peut visiter un important musée du compagnonnage.Cela m'a donné l'idée de voir s'il existe d'autres timbres sur ce thème.Je n'en ai trouvé qu'un édité par une fédération compagnonnique.

Sur la taille de la pierre en philatélie, voir:

http://www.pierres-info.fr/timbres/index.html

PHILATELIE DU COMPAGNONNAGE.
PHILATELIE DU COMPAGNONNAGE.
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 11:47

USAGES DES COMPAGNONS ALLEMANDS.

Le texte qui suit est extrait du Magasin pittoresque, 1835. Il est assez surréaliste et me fait penser à Alice au pays des merveilles. Nul doute qu’il intéressera les amateurs d’ésotérisme.

Jean-Louis Charvet.

ASSOCIATIONS D'OUVRIERS DANS L'ANCIENNE ALLEMAGNE.

Nous avons fait connaître précédemment (V. 1834, p. 363) le genre de vie des compagnons chasseurs, et les principales formules de leurs institutions. Les artisans, plus étroitement unis encore que les chasseurs, ne recevaient de membres nouveaux dans leurs corporations qu'en leur faisant subir des épreuves et des examens.

Il est dit dans un formulaire:

L'apprenti paraîtra devant les compagnons rassemblés à l'auberge commune. Les discours et opérations qui auront lieu seront de trois sortes: 1° souffler le feu; 2° ranimer le feu; 3° instruire.

On place une chaise au milieu de la chambre; un ancien se passe autour du cou un essuie- main dont les bouts retombent dans une cuvette placée sur la table. Celui qui veut souffler le feu se lève et dit: - Qu'il me soit permis d'aller chercher ce qu'il faut pour souffler le feu... Une fois, deux fois, trois fois, qu'il me soit permis d'ôter aux compagnons leurs serviettes et leurs cuvettes... Compagnons! que me reprochez-vous?

Réponse. - Les compagnons te reprochent beaucoup de choses: tu boîtes et tu sens mauvais (du hinkest, du stinkest); si tu peux découvrir quelqu'un qui boîte davantage et qui sente plus mauvais, lève-toi; prends tes guenilles et pends-les lui au cou.

Le compagnon alors fait semblant de chercher, et c'est à ce moment que l'on fait entrer celui qui veut se faire recevoir. L'autre, sitôt qu'il l'aperçoit, lui pend la serviette au cou et le place sur une chaise. L'ancien dit alors à l'apprenti: - Cherche trois parrains qui te fassent compagnon. - Alors on ranime le feu. Le filleul dit à son parrain: - Mon parrain, combien veux-tu me vendre l'honneur de porter ton nom?

Réponse: - Un panier d'écrevisses, une mesure de vin, une tranche de jambon, moyennant quoi nous pourrons faire joyeuse vie.

INSTRUCTION. - Mon cher filleul, je vais t'apprendre bien des coutumes du métier; mais peut-être tu en sais plus toi-même que je n'en ai appris et oublié.

Je vais te dire, en tout cas, quel est le moment où il fait bon voyager; c'est entre Pâques et Pentecôte, quand les souliers sont bien cousus et la bourse bien garnie; on peut alors se mettre en route.

Prends honnêtement congé de ton maître, le dimanche à midi, après le dîner; jamais dans la semaine, ce n'est pas l'usage du métier d'abandonner l'ouvrage au milieu d'une semaine. Dis-lui: - Maître, je vous remercie de m'avoir appris un métier honorable; Dieu veuille que je vous le rende à vous ou aux vôtres un jour ou l'autre. Dis ensuite à la maîtresse: - Maîtresse, je vous remercie de m'avoir blanchi gratis; si je reviens un jour ou l'autre, je vous paierai de vos peines... Va trouver ensuite tes amis et tes confrères, et dis-leur: - Dieu vous garde; ne me dites pas de mauvaises paroles. Si tu as de l'argent, invite tes amis et tes confrères à prendre leur part d'un quart de bière... Quand tu seras à la porte de la ville, prends trois plumes dans ta main et souffles-les en l'air. L'une s'envolera par-dessus les remparts, l'autre sur l'eau, la troisième devant toi. Laquelle suivras-tu?

Si tu suivais la première par-dessus les remparts, tu pourrais bien tomber, et tu en serais pour ta jeune vie; la bonne mère en serait pour son fils, et nous pour notre filleul; cela ferait trois malheurs.

Si tu suivais la seconde au-dessus de l'eau, tu pourrais te noyer. Ne sois pas imprudent; suis celle qui volera tout droit, et tu arriveras devant un étang où tu verras une troupe d'hommes verts assis sur le rivage, qui te crieront: Malheur! malheur!

Passe outre, tu entendras un moulin qui te criera sans s'arrêter: Arrière! arrière! Vas toujours jusqu'à ce que tu sois au moulin.

As-tu faim? entre dans le moulin, et dis: - Bonjour, bonne mère; le veau a-t-il encore du foin?

Comment vont le chien, la chatte et les poules? que font les jeunes filles? Si elles sont toujours honnêtes, les hommes les respecteront, et elles auront de bons fiancés.

Eh! dira la bonne mère, c'est un beau fils bien élevé; il s'inquiète de mon bétail et de mes filles! Elle ira chercher une échelle pour monter dans la cheminée, et te décrochera un jambon; mais ne la laisse pas monter; monte toi-même, et descends-lui la perche. Ne sois pas assez grossier pour prendre le plus gros; et quand tu l'auras reçu, remercie et va-t'en.

Il pourrait se trouver là quelque hache de meunier; ne la regarde pas, le meunier pourrait croire que tu veux la prendre. Les meuniers ont de longs cure-oreilles; s’ils t’en donnaient sur les oreilles, tu en serais pour ta jeune vie; la bonne mère en serait pour son fils, et nous pour notre filleul.

En allant plus loin, tu te trouveras dans une forêt épaisse où les oiseaux chanteront, petits et grands, et tu voudras t’égayer comme eux; alors tu verras venir à cheval un brave marchand, habillé de velours rouge, qui te dira: - Bonne fortune, camarade. Pourquoi si gai? - Eh! diras-tu, comment ne serais-je pas gai, puisque j’ai sur moi tout le bien de mon père?

Il pensera sans doute que tu as dans tes poches quelques deux mille thalers, et te proposera un échange. N’en fais rien, ni la première, ni la seconde fois. S’il insiste une troisième fois, alors change avec lui; mais, fais bien attention, ne lui donne pas ton habit le premier; laisse te donner le sien; car si tu lui donnais le tien d’abord, il pourrait se sauver au galop; il a quatre pieds, et tu n’en as que deux. Après l’échange, va toujours et ne regarde point derrière toi; si tu regardais, et qu’il s’en aperçût, il pourrait penser que tu l’as trompé; il pourrait revenir, te poursuivre et mettre ta vie en danger. Continue ton chemin.

Plus loin, tu verras une fontaine... bois et ne troubles point l’eau; car un autre compagnon peut venir après toi, qui ne serait pas fâché de boire.

Plus loin, tu verras une potence; seras-tu triste ou gai? mon filleul, tu ne dois être ni triste, ni gai, ni craindre d’être pendu; mais tu dois te réjouir d’être arrivé dans une ville ou un village. Si c’est dans une ville, et que l’on te demande aux portes d’où tu viens, ne dis pas que tu viens de loin; dis toujours d’ici près, et nomme le plus prochain village.

C’est l’usage en beaucoup d’endroits que les gardes ne laissent entrer personne; on dépose son paquet à la porte et l’on va chercher le signe. Va donc à l’auberge demander le signe au père des compagnons. Dis en entrant: - Bonjour, bonne fortune; que Dieu protège l’honorable métier; maîtres et compagnons, je demande le père. Si le père est au logis, adresse-lui la requête; alors le père te donnera pour signe un fer à cheval ou bien un grand anneau, et tu pourras entrer ton bagage. Dans ton chemin, tu rencontreras un petit chien blanc avec une jolie queue frisée. Eh! diras-tu, je voudrais bien attraper ce petit chien et lui couper la queue, ça me ferait un beau plumet. Non, mon filleul, n’en fais rien.

Le soir, quand on se mettra à table, reste près de la porte. Si le père compagnon te dit: - Forgeron! viens et mange avec nous; n’y vas pas si vite; s’il t’invite une seconde fois, vas-y; et mange. Si tu coupes du pain, coupe d’abord un petit morceau; qu’on s’aperçoive à peine de ta présence.

L’ancien dira alors: - Qu’on inscrive comme moi-même, et comme tout autre bon compagnon, celui dont le nom ne se trouve point dans les registres de la société; qu’il acquitte les frais d’écriture, qu’il donne un pour-boire au secrétaire, et qu’il ne révèle point les coutumes et les histoires du métier, ni ce qu’ont pu faire à l’auberge maîtres et compagnons.

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:12

Extrait des Annales politiques et littéraires du 1° mars 1908:

... Donc, l'apprenti est en train de disparaître. Avec lui, s'en va un morceau de l'ancienne France... C'était une figure typique que celle de ce gamin, "ouvrier en herbe", mis à la besogne dès l'âge de dix ans, et s'initiant peu à peu à la pratique de sa profession future. Il se rattachait à l'ensemble d'une organisation patriarcale. Alors, l'artisan ne se préoccupait point de faire un bourgeois de son fils: il le poussait dans la voie qu'il avait lui-même suivie; ou bien il le formait, il le plaçait dans son propre atelier, chez son patron; ou bien chez un voisin, chez un ami, si l'enfant ne se sentait pas de goût pour le métier paternel. Et l'apprenti ne gagnait rien; il n'avait comme salaire que la science technique qui lui était versée par ses aînés et ses chefs. Il recevait de leurs leçons, de leur exemple, le moyen de devenir plus tard leur émule. Et cette instruction, justement parce qu'elle avait été lente, donnait des résultats admirables... Tous les ouvriers d'art, à qui nous devons les chefs-d'œuvre de l'ébénisterie, de la ciselure, de la sculpture sur bois, les élèves des Boulle, des Riesener, des Sauvresy, avaient acquis leur merveilleuse habileté dans un long apprentissage. Il est fâcheux que ces excellentes coutumes s'abolissent. Et pourquoi y renonce-t-on? Leur ruine imminente tient à diverses causes que le ministre (M. Cruppi, ministre du travail) a énumérées:

1° L'appétit du lucre ou la dureté croissante des conditions de la vie matérielle fait que les familles d'ouvriers ne tolèrent plus, dans leur sein, de forces improductives. Elles veulent que l'enfant rapporte tout de suite de l'argent à la maison. Les industriels, rebutés par ces exigences, ferment leurs portes aux petits et préfèrent n'employer que des adultes...

2° Le perfectionnement de l'outillage, les progrès du machinisme, rendent moins nécessaire qu'autrefois cette dextérité manuelle, si difficile et si laborieuse à acquérir... On a, maintenant, des mains d'acier, mues par l'électricité et la vapeur. De grossiers manœuvres suffisent pour les mettre en mouvement.

Conclusion: plus d'apprentis, plus d'ouvriers raffinés; nécessité où se trouvent certains corps d'état de recruter leur personnel à l'étranger.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 05:14

LINGERES.jpg

 

En faisant une recherche sur Internet sur les jetons des anciennes corporations, j'ai découvert qu'il existait à Paris (et sans doute dans nombre d'autres villes), au XVIII° siècle, une corporation de lingères; ci-dessus le jeton de cette  compagnie, orné du voile avec lequel sainte Véronique essuya le visage du Christ.

Pour en savoir plus sur les corporations féminines, lire:

 

http://clio.revues.org/462

 

 

 

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 04:45
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 02:43

 

      MENUISIERS 1748

 

Extrait du journal Le magasin pittoresque d'octobre 1859.

 

Rectificatif dans le numéro de février 1860:

... on nous a signalé la description erronée que nous avons donnée du jeton de la corporation des Menuisiers et Ebénistes. Dans les deux personnages qui figurent au revers, il faut voir sainte Anne et la Vierge Marie. La sainte fait lire à sa fille l'Ancien Testament, et par là s'explique la légende: SIC FINGIT TABERNACULUM DEO (Elle prépare ainsi une digne habitation au Seigneur); elle éclaire, par la lecture des livres sacrés, l'esprit et le cœur de la Vierge immaculée dont le sein doit enfanter le Sauveur du monde. Tabernaculum est pris là dans un sens mystique; mais il n'est pas impossible que l'auteur de la légende ait voulu en même temps faire allusion au tabernacle que les menuisiers, eux aussi, préparent pour le Seigneur. On voit par cet exemple l'esprit et le sens quelquefois obscur et bizarre de ces légendes.

 

Ci-dessous, photo du même jeton (site internet: Monnaies d'antan):

 

jeton-maitres-menuisiers-ebenistes 1748 

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 20:17

Extraits d'un article paru dans la revue La Mosaïque de 1874.

 

" Le tonnelier.

.La tonnellerie recrute la majeure partie de son personnel dans les pays de vignobles, sans préjudice des quelques apprentis qui se font chez les tonneliers établis ailleurs.

C'est vers quatorze ou quinze ans que l'apprentissage peut réellement commencer pour un jeune garçon  adroit et doué d'une certaine somme de force physique, - car le métier a parfois de rudes tâches. Le temps du noviciat est ordinairement de dix-huit mois à deux ans, et les conditions varient selon les pays. En principe, l'apprenti qui n'est ni nourri, ni logé, fait don de son temps, en échange de l'enseignement qu'il reçoit de son maître. Parfois même il doit indemniser pécuniairement celui-ci.

D'abord occupé à mettre le bois en taille, à scier, à débiter le merain, puis à raboter sur la colombe (grand rabot fixe incliné), il doit au bout d'une année posséder pratiquement les éléments du métier.

Les deux ans achevés et une certaine habitude acquise dans les différents travaux, le jeune ouvrier, qui, en réalité, n'est encore que dégrossi, peut choisir entre les deux voies distinctes qui bifurquent la carrière. Il lui est loisible de chercher son avenir dans la tonnellerie proprement dite, qui ne comprend guère que la fabrication et l'entretien des tonneaux, et la barillerie qui comporte tout un ordre de travaux plus variés, plus précis, plus délicats. On pourrait même dire que le barilleur est l'artisan qui représente aux yeux du monde le véritable tonnelier, c'est-à-dire celui qui, en même temps que des tonneaux de toute capacité, façonne encore les seaux, brocs, baquets, cœurs, entonnoirs. Le barilleur est donc l'artiste de la corporation, et beaucoup de tonneliers (en prenant cette qualification au point de vue professionnel) se trouveraient normalement fort entrepris s'ils devaient se donner pour barilleurs.

Mais suivons d'abord le tonnelier proprement dit.

A moins que des raisons majeures ne le retiennent dans son pays d'apprentissage, pour y végéter comme ouvrier machinal, ou continuer la gérance d'un établissement tout formé, les jeunes ouvriers entreprennent des voyages qui ont pour but de les familiariser avec les genres de fabrication qui varient presque avec chaque région vinicole.

C'est ordinairement vers le Midi qu'ils se dirigent tout d'abord, visitant la Provence, puis le Bordelais; ils gagnent ensuite les cépages de la Loire, où la confection des futailles très-légères achève de leur donner le tour de main.

... E. M. "

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 20:41

Article tiré du Magasin pittoresque de 1833.

 

" Corporations.

Plusieurs anciens auteurs font mention de collèges de négocians, de serruriers et de quelques autres professions, qui, chez les Romains, ont dû avoir beaucoup de rapports avec nos communautés, corps de marchands, corporations, etc. L'institution de ces collèges, dont le seul peuple romain nous fournit l'exemple, disparut à l'époque de l'invasion des Barbares; mais il est vraisemblable que la tradition conserva le souvenir de cet usage, et, par différens motifs, les seigneurs le firent revivre dans les pays de leur dépendance; peut-être même eurent-ils l'intention d'encourager les arts par des privilèges et des distinctions.

Il n'existe rien de positif sur l'époque de l'institution des communautés de marchands; on sait plus précisément qu'elles étaient en plein exercice à la fin du règne de saint Louis; mais l'association des ouvriers entre eux remonte beaucoup plus haut. Dès la seconde race des rois de France, il est question d'un roi des merciers, dont les fonctions consistaient à veiller sur tout ce qui concernait le commerce; il était alors, pour les marchands de tout le royaume, ce que furent plus tard les jurés pour chaque corporation; seulement, ses pouvoirs étaient infiniment plus étendus; il jouissait de grands privilèges. Henri IV supprima cette charge en 1581.

Depuis leur origine jusqu'à la révolution qui rendit le commerce libre, les corporations se composaient de personnes d'une profession bien distincte; ainsi, pour être membre d'un corps de marchands, il fallait être de la profession exercée par les membres de ce corps; dans presque toutes, on exigeait, en outre, qu'aucun de de ceux qui composaient la société ne fit partie d'une communauté qui pût avoir des droits et des intérêts opposés; par conséquent, celui qui aurait exercé deux métiers, n'aurait pu appartenir à deux corps différens.

Une corporation pouvait être établie de trois manières, savoir: par prescription, par lettres patentes, par acte du Parlement.

A moins de dissolution, aucun membre n'avait droit et ne pouvait disposer en rien des biens de la communauté, qui étaient inaliénables; le soin des affaires communes était confié à un fonctionnaire revêtu du titre de directeur, syndic, juré ou garde, etc. Ces charges se transmettaient par élection; le juré présidait les assemblées de la communauté, faisait recevoir les apprentis et les maîtres, et observer les statuts et règlemens.

La maîtrise était le droit qu'acquérait un ouvrier de travailler, non pour son propre compte, mais uniquement pour celui des marchands. Ce n'était qu'après avoir fait cinq années d'apprentissage, autant de compagnonnage, et après avoir passé par l'épreuve du chef-d'œuvre, qu'il pouvait prétendre, en payant une somme assez forte, à se faire enregistrer au bureau de la communauté dans laquelle il avait dessein de se faire admettre.

Le chef-d'œuvre était l'ouvrage reconnu le plus difficile de la profession du postulant; c'était, par exemple, la courbe rampante d'un escalier, pour les charpentiers; pour les ouvriers en soie, c'était de remettre dans un état propre au travail le métier où les maîtres et syndics avaient porté le désordre, etc.

Les fils de maîtres n'étaient point tenus à l'apprentissage ni au compagnonnage. A l'âge de vingt et un ans, ils étaient enregistrés sur le livre de la communauté. Toutefois, préliminairement, ils étaient en général soumis à l'épreuve du chef-d'œuvre, quoiqu'ils en fussent quelquefois dispensés.

Après être parvenu au grade de maître, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, l'ouvrier prenait une lettre de marchand, et acquérait alors le droit de faire travailler pour son compte un nombre indéterminé d'ouvriers, et de vendre au public le produit de leurs travaux. Vers le milieu du XVIII° siècle, les frais de toute espèce qu'entraînait la réception d'un marchand s'élevait environ jusqu'à deux mille livres.

On peut reconnaître que, dans l'origine, les corporations rendirent des services au commerce; elles contenaient les premiers germes de l'esprit d'association qui, mieux dirigé, eût pu amener de puissans résultats; comme institution de police, elles ne furent pas non plus sans utilité, elles maintinrent l'ordre et l'harmonie parmi les ouvriers et les marchands. On sait combien, sous le rapport politique, ces corps se rendirent souvent redoutables au pouvoir dans le moyen âge; on se rappelle avec quelle énergie, en 1336, les corporations de Gand, le brasseur Jacques d'Arteveld à leur tête, se défendirent contre les armées du comte de Flandre: d'autres exemples, également remarquables, démontrent l'influence qu'exerçaient sur le reste de la population, et la place importante qu'occupaient dans l'Etat les communautés, confréries ou corporations de maîtres et marchands.

On a publié depuis quelques années beaucoup de détails sur les usages et sur les privilèges des corporations: on rapporte que chaque confrérie avait le droit de s'assembler dans une église désignée,  où étaient renfermés sa châsse, ses hauts bourdons fleuris, ses livres, ses cierges dorés, et la bannière sous laquelle les confrères s'assemblaient pour délibérer sur les affaires de la communauté, pour régler la marche aux processions, aux entrées, et à toutes les cérémonies auxquelles ils avaient droit de présence.

La confrérie avait une caisse de réserve, dont le montant était destiné à exercer des œuvres de charité, et à secourir ceux des membres qui se trouvaient ruinés par un accident malheureux et imprévu. Si l'un de ces derniers trépassait, la confrérie assistait en corps à ses funérailles. Les sociétés de secours mutuels qui existent aujourd'hui à Paris ont conservé ces usages.

La corporation des chaussetiers de Rouen avait le privilège de faire l'aumône avec le couvent des Jacobins, et de recevoir, pour ses bonnes œuvres, vingt sous par réception de chaque mesureur de sel. Celui-ci devait, en effet, se présenter chez le maître des chaussetiers pour qu'il mît sur ses lettres de réception les sceaux de saint Jacques et de saint Louis.

Le maître des chaussetiers portait, deux fois par an, le pain et le vin aux pauvres de l'Hôtel-Dieu. Si l'un de ses confrères était reçu malade dans cet hospice, il avait droit à une double pitance. Tels étaient les privilèges de la corporation, contenus dans les ordonnances et lettres patentes de saint Louis, conservées dans un étui d'or.

Il paraîtrait que, dans les premiers temps, plusieurs de ces établissemens furent religieux en même temps que commerciaux. La corporation des pontifes ou faiseurs de ponts, et dont le fondateur est saint Benezet, fut de ce nombre. Sur les plans qu'exécutaient les chefs de ces corps, ou quelquefois les moines, presque uniques dépositaires des sciences à ces époques reculées, les entreprises se commençaient, se poursuivaient durant plusieurs générations, et s'achevaient enfin, mais toujours d'après les plans primitifs. Ce fut la confrérie des pontifes qui construisit les premiers ponts de pierre, et notamment celui de Saint-Esprit, dans le Dauphiné, l'un des plus hardis qui existent.

Mais les corporations, qui, dans l'origine, produisaient des résultats avantageux, dégénérèrent peu à peu de leur institution première, et finirent par laisser dans les mains du petit nombre le monopole du commerce; plusieurs hommes célèbres plaidèrent long-temps contre leur existence avant qu'elles ne fussent abolies. Jean de Vitt soutenait notamment que le gain assuré des corps de métiers et de marchands rendait ceux qui en faisaient partie indolens et paresseux, parce qu'ils avaient la certitude que l'entrée du commerce était défendue à une foule de gens fort habiles, qui ne pouvaient surmonter les difficultés et les obstacles qu'on leur opposait, à cause de leur peu de fortune.

Un édit de 1776 déclara le commerce libre; mais bientôt les corps de marchands furent rétablis avec quelques modifications; enfin, le 13 février 1791, la loi abolit définitivement les maîtrises, jurandes, et tout ce qui constituait les corporations."

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 10:32

Extrait du journal Le Voleur du 26 mars 1858.

" Les charpentiers de Paris ont, suivant l'usage traditionnel, célébré processionnellement la fête de saint Joseph, leur patron. A dix heures du matin, le cortège, escorté de sergents de ville, s'est dirigé de la Villette vers l'église Saint-Laurent. Au milieu venait la mère, jeune et belle personne, vêtue de blanc, et à côté de laquelle était l'honorable président de l'association, M. Boisse. Ensuite arrivait le chef-d'œuvre, monument artistique, porté par les dix plus anciens compagnons; puis suivait un colossal pain bénit soutenu par les dix plus jeunes compagnons. Après la grand'messe a eu lieu un banquet fraternel, auquel a succédé un bal remarquable autant par son éclat que par l'ordre parfait qui a présidé à cette fête populaire."

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 10:29

Extrait du journal Le Voleur du 25 juin 1863. Qui pourrait m'en dire plus sur ce fameux secret?

Jean-Louis Charvet.

" Le prince de Galles, reçu membre honoraire de la corporation des marchands tailleurs de Londres, a juré d'observer fidèlement le secret de cette corporation. Quel peut être ce fameux secret, que le prince, dit-on, n'a pu prêter le serment de garder sans sourire quelque peu? Nul ne le sait; mais ce qui est certain, c'est que parmi les personnages historiques qui ont gravement juré de l'observer avant l'héritier actuel de la couronne britannique, les registres de la Société nomment Edouard III, Richard II, presque tous les rois de la maison de Lancastre et d'York, Jacques I°, Charles I°, Jacques II, puis les ducs de Wellington, d'York, de Kent, de Cambridge."

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