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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 01:23
Place du Gouvernement.

Place du Gouvernement.

Alger d'autrefois.
Alger d'autrefois.
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 13:07

Je reprends l'édition de textes anciens sur l'Algérie. Je rappelle qu'il ne s'agit pas pour moi de louer les usages d'une époque révolue mais seulement de soumettre à la réflexion voire à la critique de mes lecteurs des textes oubliés.

Jean-Louis Charvet

Bulletin de la Société languedocienne de géographie.

Tome XXI. 1898.

Mergier Gaston (Avocat à la Cour d'appel de Montpellier, lieutenant de réserve au 1° Tirailleurs algériens). Vingt-huit jours chez les tirailleurs algériens.

... Le 1° régiment de tirailleurs algériens (autrement dit Turcos) a sa portion centrale à Blidah, et fournit douze détachements : Dellys, Tizi-Ouzou, Aumale et Dra-el-Mizan, en Kabylie ; Orléansville, Milianah, Cherchell et Ténès à l'Ouest - Blidah, Boghar, El-Goléah et Fort Mac-Mahon au Sud. Il est formé de quatre bataillons à quatre compagnies chacun ; celles-ci comprennent quatre sections à trois escouades. Les Kabyles, descendants des plus anciens possesseurs du pays avant les invasions arabes, composent en très grande majorité le 1° régiment de tirailleurs algériens ; on y voit des Arabes en très petit nombre, quelques nègres, et un groupe de Français, engagés volontaires et destinés à fournir les cadres de caporaux et sous-officiers, ou les employés chez le trésorier, à la bibliothèque des officiers, les sapeurs, ouvriers-bottiers, tailleurs, armuriers, etc.

Tous les indigènes sont des engagés volontaires, le service obligatoire n'existant pas pour eux en Algérie. A leur entrée au corps, ils contractent un engagement de quatre ans, renouvelable par périodes de même durée, jusqu'à la 25° année de service. Comme ils s'appellent tous Mohamed ou Abdallah, on leur donne, pour les distinguer, un numéro matricule et un nom ; mais c'est surtout par le matricule qu'ils sont désignés pendant leur service. Après l'insurrection de 1871, en Kabylie, lorsqu'il s'est agi de reconstituer sur des bases nouvelles les régiments de tirailleurs, il a fallu parfois, pour obtenir les contingents nécessaires, envoyer en Kabylie des sergents recruteurs, chargés de pousser à l'enrôlement. Aujourd'hui, ces mesures de propagande sont tout à fait inutiles ; car il se présente chaque année plus de sujets qu'on n'en désire. A près un examen médical subi avec succès, le postulant prête sur le Coran, en présence du Cadi, serment de fidélité au drapeau français, signe son engagement ou plus souvent appose une croix au bas d'un acte préparé d'avance, et le voilà soldat. Il a droit à une première prime de 400 fr., qui lui est versée en deux fois : 150 fr. à son arrivée, et 250 fr. à la fin de la deuxième année de service. Après quatre ans, le tirailleur rentre rarement dans ses foyers ; il demande à se rengager, pour toucher chaque fois la même prime jusqu'au quatrième rengagement, après lequel il n'acquiert plus que des droits à la retraite. Vingt-cinq ans écoulés, il reçoit une pension de 750 fr. s'il se retire simple soldat ; 950 fr. s'il est caporal, 1.150 fr. s'il est sergent. A-t-il obtenu la médaille militaire - ce qui n'est pas rare - sa pension est augmentée de 100 fr. et même de 250 fr. s'il est chevalier de la Légion d'honneur, ce qui n'est pas sans exemple. Le voilà riche, car le kabyle vit de peu, mais il est usé, et il ne lui est pas facile de se livrer encore à un travail pénible ; retraité en pleine force de l'âge, à 40 ou 45 ans, c'est presque un vieillard ; il a parcouru tant de kilomètres sous tous les climats et en toutes saisons, couché si souvent à la belle étoile, porté si longtemps sur les épaules un sac surchargé, assisté à tant de combats, en Afrique ou en Asie, que sa vigueur native et son endurance ont été brisées ; vingt-cinq ans de services, c'est vraiment trop long, il faudrait leur accorder une retraite proportionnelle.

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:41

Le texte qui suit est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque, 1874.

Les Alsaciens-Lorrains en Algérie.

Au mois de novembre 1872, la Société de protection, présidée par M. le comte d'Haussonville, a envoyé en Algérie M. Guynemer, ancien sous-préfet de Saverne, pour visiter les Alsaciens et les Lorrains qui ont émigré dans la colonie. M. Saverne a passé trois mois en Algérie, et il a présenté, au mois de mai dernier, son rapport à la Société.

Les premières familles alsaciennes ont débarqué en Algérie au mois de décembre 1871. Elles ont été reçues par les comités locaux, qui les ont logées et nourries pendant quelque temps. Aussitôt que cela a été possible, on les a dirigées, au moyen de prolonges d'artillerie, sur les terres qu'on leur destinait. La contenance des lots qui leur ont été distribués varie selon les provinces et la nature du terrain ; la moyenne est de 40 à 50 hectares.

Outre les concessions de terre, il a été délivré à chaque famille d'Alsace-Lorraine une paire de bœufs, des fourrages pour les nourrir, une charrue, et de 500 à 800 kilos de semences. De plus, tous les colons ont reçu des vêtements militaires, et l'autorité a mis à la disposition des préfets et des comités pour les Alsaciens-Lorrains : 18000 capotes d'infanterie, 18000 paires de guêtres blanches, 600 paires de guêtres en drap, 2000 blouses bleues, 3000 vareuses en drap gris, 8000 pantalons en drap gris, 2000 tuniques en molleton, 3000 vestes, 828 capuchons en drap noir.

Au 1° mars 1873, 3261 colons venant de l'Alsace-Lorraine s'étaient embarqués pour l'Algérie. 915 de ces colons se sont fixés dans les villes des trois provinces où ils ont trouvé de l'ouvrage ; les 2346 autres se sont établis dans les villages en qualité de cultivateurs. 69 familles, comprenant 339 personnes, se sont installées dans la province d'Oran ; 168 familles, comprenant 727 personnes, dans la province d'Alger ; 279 familles, comprenant 1280 personnes, dans la province de Constantine.

Enfin la commission Wolowski, dans sa séance du 1° mars, a accordé, sur les fonds dont elle dispose, un premier crédit de 980.000 francs pour assurer la subsistance des familles alsaciennes-lorraines qui se trouvent actuellement en Algérie, et pour construire les maisons qui leur manquent encore. Dans une de ses prochaines séances, elle décidera ce qu'il convient de faire pour l'avenir, c'est-à-dire quelle est la somme qu'elle veut affecter à l'installation des immigrants alsaciens-lorrains qui voudraient se rendre encore dans notre colonie.

Les Alsaciens et les Lorrains ne sont pas les seuls Français qui vont en ce moment s'établir en Afrique. Pour ne pas sortir du département d'Alger, le village du Bois-Sacré a été fondé par 65 familles des Alpes-Maritimes, formant en tout près de 300 personnes. Ces familles ont été recrutées par M. Abbo, maire de Castellar (Alpes-Maritimes), d'où le nom de village Abbo ou Abboville qu'on donne quelquefois au Bois-Sacré. Le transport de l'Etat "La Dordogne" est allé prendre ces immigrants à Villefranche, près de Nice, et les a transportés à Dellys, d'où ils ont facilement gagné leurs lots.

Le village de Souk-el-Had, situé à 60 kilomètres d'Alger, sur la route de Constantine, dans la féconde vallée de l'Isser, a été peuplé pour la plus grande part de colons du département de la Drôme. Un certain nombre de familles du même département vont être installées sur la même route, au col des Béni-Amram, près de l'entrée des majestueuses gorges de l'Isser. (Moniteur de l'Algérie.)

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:39

Le texte qui suit est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque,1853.

Sur l'avenir de l'Algérie. Ses richesses.

Les Arabes possèdent les premiers chevaux de l'univers, et leur principale richesse est le bétail. La race ovine réussit parfaitement dans le nord de l'Afrique, d'où est venu ce mérinos qui fit pendant longtemps l'orgueil des troupeaux espagnols. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, de 1845 à 1849, on voit figurer les bestiaux et les chevaux pour 14 millions, les laines pour 46, les peaux pour 31, les suifs pour 5 ; tous ces objets s'élèvent à environ 95 ou 96 millions.

Le mûrier croît sur le sol algérien, même dans les terres non irrigables, avec une vigueur inconnue en France ; le ver-à-soie n'aura rien à y craindre, au moment de son travail, ni froid, ni gelée, ni pluie, ni orages. L'olivier y acquiert les proportions d'arbre de haute futaie, et forme des forêts entières de plusieurs milliers d'hectares ; les récoltes de l'huile y sont plus sûres et plus abondantes qu'en France ; l'arachide, le sésame et les autres plantes oléagineuses s'y développent naturellement comme dans leur patrie. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, on voit figurer les soies pour 106 millions de francs ; les arachides, les graines oléagineuses et les huiles pour 68 ; en tout 174 millions environ.

La culture du tabac aromatique pour la pipe prend chaque année, dans nos possessions africaines, une extension de plus en plus grande. Le riz y annonce des produits qui rivaliseront avec ceux de la Caroline, et pourra s'étendre dans toutes les plaines basses. Les blés d'Afrique ont une vigueur qui justifie la réputation antique du pays célèbre autrefois comme le grenier de l'Italie. Les échantillons de coton ont été classés au même rang que ceux des Etats-Unis et de l'Egypte. Les oranges et les citrons rivalisent avec ceux de Malte, de la Sicile et du Portugal. Les fruits secs, confits ou tapés, ne semblent devoir céder en rien aux fruits similaires que présentent l'Europe et les colonies. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, on voit figurer le tabac, le riz, les céréales, les fruits secs pour 134 millions, et le coton pour 120.

En Algérie, les gisements de cuivre se montrent presque partout en abondance et régulièrement. Le fer y apparaît sur tous les points, et y constitue de véritables montagnes entièrement composées de fer oxydulé magnétique le plus propre à former de bons aciers. Le plomb s'y présente dans des mines très-productives. - Or, dans le chiffre des importations moyennes de la France, le cuivre, le fer, l'acier et le plomb entrent annuellement pour 44 millions.

La cochenille, dont la France achète à l'étranger pour plus de 5 millions par an, s'étend chaque jour en Algérie.

Le chanvre et le lin s'annoncent comme devant acquérir, sous le climat africain, des qualités et un rendement extraordinaires. - Or, le chanvre et le lin entrent pour 13 millions dans l'importation annuelle.

Si l'on ajoute à cette longue énumération les plantes médicinales qui y croissent pour la plupart spontanément, le safran qui s'y trouve sur son sol natal, la garance et l'opium qui promettent un succès éclatant, on ne pourra se refuser à reconnaître que l'Algérie, cette province égale en surface aux deux tiers de la France, pourra fournir un jour à la mère-patrie les 500 à 600 millions de produits dont l'énumération vient d'être faite.

La Californie ne jette guère sur le marché que 150 à 200 millions d'or ; nos compatriotes peuvent donc trouver à leurs portes, comme le font observer les Annales de la colonisation algérienne, une Californie paisible, saine, fertile, qui se couvre de routes, où les lois de leur pays les accompagnent et les protègent, où leur fortune sera en sécurité, où ils recevront journellement des nouvelles de leurs familles, et d'où ils pourront revenir en France en quarante-huit heures.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 13:32

Source : Almanach du Magasin pittoresque,1852.

A la fin de 1850 et au commencement de 1851, nos troupes avaient eu à souffrir plusieurs agressions de la part des Kabyles de la petite Kabylie, toujours insoumis à nos armes. Ceux même de la grande Kabylie ne paraissaient point tranquilles, et tout faisait craindre que les prédications fanatiques du chef Bou-Barghla ne réussissent à soulever contre nous une partie de ces tribus. Aussi, dès le mois de mars, une expédition fut-elle résolue. A cette nouvelle, des conférences eurent lieu entre les chefs des principales tribus kabyles, et on jura de disputer le passage aux chrétiens. La petite ville de Collo, que nous occupions depuis quelques années, fut entraînée dans la manifestation, et le soulèvement eut lieu dans toute la contrée. Il en fut de même autour de Djidjelly.

Cependant, Bou-Barghla s'avançait vers Bougie, à la tête de nombreuses troupes de cavaliers et de fantassins. Aussitôt le lieutenant-colonel de Wengy, avec toutes les forces disponibles de la garnison, quitte la ville et va au-devant de l'ennemi. Bou-Barghla rencontré est mis complètement en déroute. Ainsi commence la campagne.

L'armée d'expédition était divisée en deux corps : l'un aux ordres du général Saint-Arnaud, l'autre aux ordres du général Camou. Chacun d'eux prit une direction différente. Le 11 mai, le général Saint-Arnaud, entré en marche, trouve, à la descente de Fed-Beinem, trois cols qu'il doit franchir, fortifiés et défendus par quatre mille fusils : il les franchit le jour même, et, après une série d'actions vigoureuses, il vient camper dès le 16 devant Djidjelly. Le 19, il quitte cette position, et, le 20, il s'élance sur les hauteurs que les Kabyles occupent à une lieue en avant de lui. En quelques heures, l'ennemi est acculé à un ravin placé à sa gauche, et là complètement battu. Il laisse sur le terrain trois cent quatre-vingts morts.

Le 22, nous entrons chez les Beni-Foughal ; nous les défaisons le 27, après avoir perdu cinq jours à parlementer avec eux ; et, le 31, nous atteignons l'Oued-Kassa pour retourner ensuite nous ravitailler à Djidjelly.

Pendant ces opérations, le général Camou exécute d'autres mouvements, avec non moins de succès, dans la subdivision de Sétif. Battu, comme nous l'avons dit, près de Bougie, Bou-Barghla s'était établi chez les Reboula : le 1° juin, le général Camou franchit, pour l'attaquer, l'Oued-Bou-Selham ; et, le jour même, lui tue trois cents hommes, lui prend sa tente, sa musique et son convoi.

Reparti de Djidjelly le 5 juin, le général Saint-Arnaud attaque, le 9, les Beni-Aissa, et brûle leurs villages. Le 10, il bivouaque au milieu des Beni-Maad ; et, le 12, après les avoir soumis, ainsi que les Beni-Marmi, il marche à la rencontre des Ouled-Nabet et des Beni-Segoual, qu'il soumet de même. La pacification de toute la partie ouest du cercle de Djidjelly étant ainsi complétée, il rentre à Djidjelly le 16, et se remet en campagne, le 18, contre les Beni-Siar et les Beni-Afer, en appuyant vers le massif de Collo. Le 22, il se trouve en face de forces importantes : devant lui sont les O.-Habibi, les B.-Mamer, les B.-Itha, les B.-Missleur, les O.-Aichah, les B.-Salah, les Djenaah, et quelques tribus de l'Oued-Zour. Le terrain est si accidenté, qu'il faut à nos colonnes plus d'une heure et demie pour arriver jusqu'aux crêtes que couronnent les Kabyles ; mais l'ennemi est attaqué avec une telle impétuosité, qu'il lui est impossible de tenir. Ni ravins ni montagnes n'arrêtent l'élan de nos fantassins. Entrée en action à onze heures, notre armée à quatre heures regagne ses campements, après un avantage décisif.

Pendant ces hauts faits, le général Camou, de son côté, parcourt sans obstacle la vallée de l'Oued-Sahel. Cependant, le 25, il se trouve en présence des Ouzellagnen, qui lui opposent une résistance vigoureuse. Il les défait et brûle tous leurs villages.

Le 24, le général Saint-Arnaud, qui s'est mis en marche vers les O.-Mansour, rencontre de nombreuses hordes de Kabyles qu'il aborde et disperse à la baïonnette. Mais de nouveaux contingents accourent de tous côtés, et nous montrent bientôt de douze à quinze cents fusils ; le combat doit recommencer. La charge bat, et nous rechargeons de nouveau l'ennemi étonné, que nous poursuivons, pendant plus d'une lieue. Cependant, reprenant sa marche, le 26, le général Saint-Arnaud a fait à peine quelques lieues, qu'il apprend que son arrière-garde soutient depuis deux heures un combat des plus vifs sur l'emplacement même de son ancien camp. Il retourne, et arrive juste à temps pour voir les Kabyles en pleine déroute. Le 29, après avoir embarqué ses blessés, il se dirige vers l'Oued-el-Kebir, où l'attendent deux nouveaux engagements : l'un, le 1° juillet, avec les O.-Atia et les B.-Ferguen ; l'autre, le 2, avec les B.-Messlem, par la défaite et la soumission desquels tout le cercle de Djidjelly devient enfin libre.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 17:45

" Au commencement de 1844, Abd-el-Kader, réduit aux dernières extrémités par nos troupes, ne pouvant plus tenir le sol algérien, s'était jeté dans le Maroc, et avait promptement réussi à y armer contre nous le fanatisme religieux des habitants. Déjà maintes excursions de nombreuses bandes avaient eu lieu sur notre territoire. On résolut d'y mettre un terme ; et le maréchal Bugeaud, alors gouverneur général de l'Algérie, prit lui-même le commandement des troupes. En même temps une escadre, composée de navires de différents bords, s'approcha des côtes marocaines. Le maréchal Bugeaud n'avait pas avec lui plus de dix mille hommes et seize bouches à feu, dont quatre pièces de campagne. Cependant l'empereur Mullei Abd-el-Rhaman s'empressa de nous faire des protestations de bon voisinage, tout en continuant de nous faire attaquer partiellement par ses généraux. Il ne voulait évidemment que gagner du temps afin de permettre aux hordes marocaines d'accourir du fond de son empire. Mais ses intentions furent de suite comprises et déjouées : le 6 août notre escadre bombarda Tanger, qui fut démantelé en quelques heures ; et le 9, le maréchal Bugeaud s'avança vers l'Isly, rivière derrière laquelle se tenait le prince héritier de Maroc, Sidi-Mohamed, avec de nombreuses forces.

Les Marocains occupaient les collines de la droite de l'Isly. Ils y avaient cinq camps, dont l'ensemble s'étendait sur un espace de près de deux lieues et formait un effectif de quarante mille hommes environ. Ils se sentaient si supérieurs en nombre, qu'ils ne parlaient de rien moins que de nous expulser complètement de l'Algérie.

Le 14, au point du jour, nos troupes passent une première fois l'Isly sans opposition. Mais, arrivées sur les hauteurs de Djarf-el-Adkdar, elles aperçoivent une partie de la cavalerie ennemie qui se porte en masse en avant pour nous attaquer au second passage. Nos tirailleurs les repoussent, et bientôt nous atteignons le plateau immédiatement inférieur à la butte où se trouve le camp de Sidi-Mohamed, des cinq le plus considérable. Le feu de nos quatre pièces de campagne est dirigé de ce côté, et le plus grand trouble s'y manifeste aussitôt. Mais dans ce moment des masses énormes de cavalerie sortent des deux côtés de derrière les collines et nous assaillent de toutes parts. Le maréchal avait prévu cette attaque. Selon son plan, renouvelé de celui de Bonaparte en Egypte, tous nos bataillons formés en carrés, s'échelonnent de manière à présenter les quatre faces d'un vaste losange, contre lequel les masses marocaines viennent se briser. Les bataillons des quatre angles sont tour à tour enveloppés par trois ou quatre mille chevaux à la fois, sans être ébranlés un seul instant. Après une mousqueterie terrible, que contient l'artillerie qui sort en avant des carrés pour lancer la mitraille, les Marocains se mettent à tourbillonner. Aussitôt, toujours dans le même ordre de bataille, nos troupes reprennent leur marche vers les collines, c'est-à-dire vers les camps ennemis. La cavalerie marocaine se trouvant alors divisée par la marche de nos bataillons et par ses propres mouvements, le maréchal s'empresse de faire sortir la sienne et de la lancer sur le point capital, qui est évidemment le camp du fils de l'empereur. Le colonel Yousouf, à la tête de six escadrons de spahis, soutenu de trois escadrons de chasseurs, aborde ce camp immense et le trouve rempli de cavaliers et de fantassins qui lui disputent le terrain pied à pied. Mais notre infanterie ne tarde pas à venir lui prêter appui, et le camp est tout aussitôt emporté.

Cependant, les Marocains à la débandade se sont ralliés en grosse masse sur la rive gauche de l'Isly, et semblent se disposer à reprendre ce camp qui regorge de leurs dépouilles. Notre artillerie se met en batterie sur la rive droite et protège le passage de notre infanterie, qui, bientôt soutenue par nos escadrons, recommence l'attaque. L'ennemi, de nouveau repoussé, est poursuivi pendant plus d'une lieue ; sa déroute est complète.

La bataille dura quatre heures. Toute l'artillerie marocaine, composée de onze canons, seize drapeaux, mille à douze cents tentes, dont celle de Sidi-Mohamed, et son parasol, signe de commandement, tombèrent en notre possession, ainsi qu'une grande quantité de munitions et un butin immense.

Un tableau immense, dû au talent de M. Horace Vernet, a consacré le souvenir de la bataille d'Isly : il est placé dans les galeries de Versailles."

Texte tiré de l'Almanach du Magasin pittoresque, 1852.

Pour voir le tableau d'Horace Vernet:

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=611

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 17:21

Je reprends la publication de textes sur l'histoire de l'Algérie, espérant qu'ils seront utiles à tous ceux qui ont vécu là-bas, ou dont la famille en est originaire, pieds-noirs,harkis et tous autres.

Le texte ci-dessous est extrait de l'Almanach du Magasin pittoresque,1854.

" El-Aghouat, ou Laghouat, situé à 400 kilomètres environ au sud d'Alger, est le chef-lieu du district de ce nom. Depuis 1843, époque à laquelle notre autorité y fut définitivement reconnue, l'esprit de révolte y avait toujours été grandissant. Déjà, au mois de février 1852, une colonne française était venue camper sous ses murs. En septembre suivant, une intervention de ce genre fut encore nécessaire, et une nouvelle colonne, sous les ordres du général Yusuf, entra dans le pays. Nos soldats furent reçus amicalement en apparence ; mais bientôt le masque fut jeté et la révolte éclata de toutes parts, sous le souffle du chérif de l'Ouarghia qui, ayant mis ainsi en soulèvement presque toutes les populations du sud, rassembla autour de Laghouat un grand nombre de combattants.

Tout d'abord, par un hardi coup de main, le général Yusuf parvint à concentrer toute l'insurrection dans la ville même ; mais ne se sentant pas en force pour tenter un assaut, il dut réclamer l'appui du général Pélissier, chargé du commandement des colonnes du sud, qui était campé à El-Riod, sur l'Oued-Sidi-Naceur, à 200 kilomètres nord-ouest de Laghouat. Le général Pélissier se mit aussitôt en marche avec toutes ses troupes, deux obusiers de montagne et une section d'artillerie de campagne. Le 2 décembre, la jonction eut lieu. Le 3, le général Pélissier, qui avait pris le commandement de toutes les troupes réunies, reconnut d'une manière précise les abords de la place. Le marabout de Sidi-el-Hadj-Aïssa, situé sur un mamelon, à l'ouest, à peu de distance des murs de la ville, et presque de niveau avec le point le plus élevé des fortifications, lui parut le lieu le plus favorable pour y établir ses batteries de brèche. Un ordre fut donné en conséquence au général Bouscaren, qui les y dressa dans la nuit même. Le général Bouscaren avait sous son commandement un bataillon du 1° zouaves, deux compagnies du 2° bataillon d'infanterie légère d'Afrique, une compagnie du bataillon indigène de Constantine, la section d'artillerie de campagne et une section de montagne.

De son côté, le général Yusuf avait ordre de se porter à l'est de la ville et d'y monter par les rochers. Il avait avec lui le 1° bataillon du 60° de ligne, le bataillon des tirailleurs indigènes d'Alger, quatre compagnies du 3° bataillon d'infanterie légère et deux compagnies du 2° bataillon de la même arme. La ville devait aussi être enveloppée par la cavalerie.

Le 4, à sept heures du matin, les batteries de brèche ouvrirent leur feu ; la riposte des assiégés fut immédiate et vigoureuse, et dès le début une de leurs balles atteignit mortellement le général Bouscaren. A dix heures la brèche était reconnue praticable. Immédiatement le bataillon des zouaves et le 1° bataillon du 2° s'y élancèrent avec une intrépidité irrésistible ; la colonne du général Yusuf escaladait au même instant la ville à l'est. Presque aussitôt que les premiers assaillants, le général Pélissier, à la tête d'un bataillon, pénétra dans la place avec tout son état-major. Moins d'une heure après le signal donné pour l'assaut, nos soldats avaient triomphé de toute résistance extérieure et intérieure, la porte de la Casbah avait été enfoncée, et notre drapeau flottait sur le minaret. "

Ci-dessous,lien vers le site officiel de Laghouat.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 01:52

Bougie (Bejaiah) en 1835.

Le texte qui suit est tiré du Magasin pittoresque d’octobre 1835. J’ai conservé l’orthographe de l’article, par exemple Bugie pour Bougie, habitans pour habitants. Bougie fut conquise par les Français en septembre 1833.

« BUGIE, BOUGIE OU BOUDJAIAH.

De tous les territoires de la côte d'Afrique, celui de Bugie ou Boudjaiah, suivant la prononciation arabe, est un des plus importans. Situé à peu près à égale distance d'Alger et de Bone, Bugie s'offre aux marins que les vents du nord poussent à la côte. Sa rade est gracieusement courbée en forme de croissant et garantie par une chaîne de hautes montagnes. Les divers produits de l'industrie et du commerce des Kobaïles, ses habitans, se répandaient autrefois, à l'aide de sandales ou bateaux maures, dans toute la régence d'Alger. Ainsi, Bugie pourrait être le siège d'un établissement à la fois militaire, maritime et commercial.

De tels avantages ont été appréciés de tout temps. Jadis, sous le nom de Coba, Bugie fut une des plus florissantes entre ces trois cents villes qu'avaient semées sur le rivage d'Afrique les Romains, nos prédecesseurs et nos maîtres dans l'art de la colonisation. Plus de quatre mille toises de hautes murailles dont l'oeil suit encore les vestiges, attestent sa grandeur passée. - Dans les temps modernes, Bugie appela quelquefois l'attention des Européens. Au commencement du seizième siècle, les Espagnols attirés par le site, la fertilité et l'excellent mouillage de Bugie, s'en emparèrent sous la conduite de Pierre de Navarre, et lorsque Charles-Quint entreprit sa malheureuse expédition contre Alger (1541), ses vaisseaux, battus par une violente tempête, vinrent y chercher un abri. Un siècle plus tard, Louis XIV ayant donné ordre qu'on s'emparât de Gigeri, non loin de Tunis, dans le but de protéger nos pêcheurs de corail, on regretta, aussitôt que Gigeri fut pris, de ne pas lui avoir préféré la position de Bugie. Enfin cette dernière ville fut de tout temps à la régence d'Alger, ce qu'avait été l'Egypte à l'empire romain; on l'avait surnommé le grenier de l'Afrique.

Lorsque, dans ces dernières années, on se fut déterminé à réunir Bugie à nos autres possessions d'Alger, Bone, Oran, Arsew et Mostaganem, il se présenta de nombreuses difficultés. On pouvait être sûr que les Kobaïles, ennemis déclarés de toute domination étrangère, se défendraient avec courage et obstination.. La haine qu'ils nous portent s'était déjà manifestée à Bugie même dans une occasion récente. Quelque temps avant la prise, un bâtiment français était venu reconnaître la rade et avait mouillé près de terre. Deux officiers de l'armée d'Afrique eurent le courage de se faire débarquer seuls au milieu de la ville. Les Beldis (ou citadins, du mot arabe blad, qui veut dire ville), presque tous Maures ou Juifs, ne s'opposèrent point à leur entrée. Mais un espion des Kobaïles s'était empressé d'aller les prévenir. Tout à coup on vient avertir les Français que la maison où ils ont été reçus par un des principaux Beldis, va être cernée de toutes parts. L'un d'eux sort de l'habitation, et dirigeant ses deux pistolets armés contre une poignée de Kobaïles, il les interpelle dans leur langue: "Quoi! leur dit-il, vous ^n'êtes que dix et vous osez venir attaquer deux Français! Allez chercher vos compatriotes et ne revenez qu'au nombre de cent; alors la partie sera égale!" Les Kobaïles, étonnés, se retirent un instant pour délibérer sur ce qu'ils devaient faire; les deux officiers en profitent pour rejoindre leur embarcation et retourner à bord, emportant d'utiles notions topographiques sur Bugie et sur ses moyens de défense.

Nous regrettons que le défaut de place ne nous permette pas de donner quelques détails sur la prise de la ville. Il fallut presque tout un jour à la bravoure et au sang-froid de nos troupes pour triompher de la résistance acharnée des Kobaïles. Aujourd'hui encore notre puissance ne s'étend pas au-delà des fortifications, et nos ennemis ne perdent aucune occasion de renouveler leurs dangereuses attaques.

Les maisons sont à Alger d'une blancheur éblouissante; mais à Bugie, construites simplement en briques, sans aucun enduit de chaux sur les parois extérieures, elles apparaissent de loin avec la teinte brune des habitations européennes. Les toits plats ont également disparu. Chacune d'elles est entourée d'une plantation d'orangers, d'oliviers, de citronniers et d'autres arbres du pays. Vu de la mer, cet ensemble de constructions et de massifs de verdure présente un coup d'œil ravissant. On croirait avoir sous les yeux quelque délicieux village d'Italie. Les canots viennent aborder auprès de l'ancienne porte de la Marine, qui, dégagée des fortifications où elle était autrefois enclavée, est restée debout sur le rivage comme un arc de triomphe.

Quinze jours après la prise, c'était un étrange spectacle que celui de Bugie. Les rues étaient encore couvertes de débris; à peine tous les cadavres avaient-ils disparu. Plusieurs maisons avaient été incendiées pendant le combat; toutes avaient perdu leurs clôtures; et c'est là qu'il fallait camper pendant les nuits d'Afrique, si froides et si meurtrières. Le général en chef, blessé à la jambe, était étendu sur un matelas sous une espèce de hangar. Les indigènes avaient fui, emportant tout ce qu'ils possédaient. La ville entière était devenue une caserne. On éprouvait une curiosité mêlée d'effroi, à parcourir les demeures muettes et désertes des anciens habitans. Au lieu des objets précieux que la haute réputation de Bugie avait fait espérer aux soldats, on ne trouvait là qu'un peu de blé dans les amphores en terre rouge, exactement semblables aux urnes romaines, ou des ustensiles servant à la fabrication des tissus, profession très répandue à Bugie comme dans tout l'Orient. Au reste, chacune de ces habitations ou plutôt de ces ruines, était déjà numérotée exactement comme à Paris, et les noms des rues grossièrement charbonnés sur les murailles.

Bugie est dominé par le Gourayah, véritable nid d'aigle qui s'élève à 600 et quelques toises au-dessus du niveau de la mer. La pente est fort raide, et, du bas de la montagne, il semble impossible de jamais arriver au sommet. Cependant nous entreprîmes de rude pèlerinage; il fallut s'accrocher aux broussailles et s'aider à la fois des pieds et des mains en suivant la direction d'une ancienne fortification que les Romains ont eu la persévérance de construire sur ce revers inaccessible. Nous n'atteignîmes qu'au bout de trois heures le plateau du Gourayah, qui de loin semble plus aigu que la pointe d'une pyramide. Souvent uèn terrain fraîchement remué indiquait la sépulture d'un Kobaïle tué dans le cours d'une des actions récentes. Les Kobaïles et les Musulmans, en général, professent la plus grande vénération pour les morts. Ils affrontent le danger et sacrifient souvent leur vie pour ne pas laisser sur le champ de bataille les cadavres de leurs compatriotes. A ceux qu'ils n'avaient pu enlever et enterrer au sein de leur tribu, ils avaient donné le roc pour tombeau! - Le point culminant de la montagne est une étroite plate-forme couronnée par une enceinte de retranchemens, sur laquelle est établi un poste français. Deux hommes déterminés pourraient défendre cette position contre une armée entière, et cependant nos soldats y sont parvenus à la faveur d'une nuit obscure et sans essuyer de pertes. - Un ancien marabout leur sert de casernement; car ce lieu était autrefois un ermitage habité par un pieux Musulman qui passait là sa vie à contempler les œuvres de Dieu. »

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 02:02

LES CANONS D'ALGER AU JARDIN DE L'HOTEL DES INVALIDES.

Les canons dont il s'agit ici sont ceux provenant de la conquête d'Alger, qui se trouvent aujourd'hui sur le fossé du jardin devant l'hôtel des Invalides. Ces canons, au nombre de trente, sont de dimensions et de calibres divers; la plupart, d'environ 17 pieds de long, ont été fondus à Alger entre l'année de l'hégire 1188 et l'année 1195 (1775 à 1780), sous le règne du sultan Abdulhamid, pendant que Méhémed-Pacha Ben-Osman était dey de la régence d'Alger.

A droite en entrant on trouve deux groupes de six canons couchés par terre, et plus loin deux autres pièces plus petites, également couchées sur le sol; à gauche de la porte d'entrée il y a onze pièces dans la même position, et aussi divisées en deux groupes; plus loin, du même côté, deux canons fondus sous le règne du sultan Sélim III sont placés sur des affûts; à côté d'eux est une pièce sans affût; et enfin, dans l'angle de jonction du mur qui fait face à la rivière et de celui qui va rejoindre la façade de l'hôtel, on aperçoit un mortier appuyé sur le mur.

Tous ces canons sont couverts d'inscriptions en arabe et en turc.

Sur la culasse de la plupart sont écrits les mots suivants en langue arabe rimée:

Il a été fait sous le règne du sultan, du maître des rois de l'Orient et de l'Occident, du sultan Abdulhamid-Khan, de la famille d'Osman, fils de sultan Ahmed-Khan, à Djezaïr (Alger) l'Occidentale, la bien défendue, par l'ordre de celui que tous les doigts désignent aux regards, Méhémed-Pacha, fils d'Osman (que le roi, source de tous les bienfaits (Dieu) lui accorde son aide), l'année 1191 (1778).

Au-dessous est écrit le nombre de quintaux que pèdent ces canons, et sur le milieu de la pièce est indiqué le nom du fondeur.

Il y a quelques différences dans les inscriptions qu'on lit sur la culasse de ces diverses pièces, mais trop peu importantes pour que nous les indiquions ici. Seulement on remarquera que sur quelques-uns, un ruban autour de la culasse porte cette inscription française: Fait par François Dupont, fondeur en chef du roi de France à Alger, en 1775.

Les inscriptions qui se lisent près de la bouche des canons sont les mêmes sur quelques uns, mais différentes sur plusieurs. Elles sont en turc sur les pièces fondues par Dupont dont nous venons de parler, et consistent en ces mots: Les montagnes elles-mêmes ne résisteraient pas à leur force.

Les autres, en arabe, sont des sentences ou des prières tirées du Coran ou des formulaires religieux des Musulmans; les voici toutes:

1. O toi qui domptes les opiniâtres, soumets-nous ceux qui résistent!

2. O toi qui inspires les sages desseins, ouvre-nous la porte de la victoire (ou du salut éternel)!

3. Quiconque déploiera son zèle dans cette voie, son nom vivra environné de gloire; tous ceux qui le verront feront des voeux pour lui; le Seigneur lui donnera pour récompense les jardins éternels et les eaux du fleuve (le Kauser, fleuve du Paradis musulman).

4. Bonheur à toi qui combats avec ardeur dans la voie divine! quand seront placées les balances du bien et du mal, il te suffira de le dire, et alors t'accueillera le Créateur avec un visage riant.

5. O mon Dieu! le meilleur des soutiens, secours-nous contre les infidèles!

6. Quiconque fait du bien à un de ses frères et se conforme aux traditions prophétiques, a montré son zèle pour les saintes révélations; à l'homme qui fait le bien, les jardins du Paradis et les eaux du Kauser.

Ces inscriptions sont celles des longues pièces couchées par terre à droite et à gauche; les deux petites pièces du côté droit portent une inscription où l'on apprend qu'elles ont été fondues par ordre du dernier dey d'Alger, Hussein, sous le règne du sultan Mahmoud; celle qui est à gauche, près des deux pièces en batterie dont nous allons parler, n'a pour tout ornement que le tougra ou chiffre du sultan Sélim. Sur le mortier est écrit en arabe:

Par l'ordre de Méhémed-Pacha, à qui Dieu rende facile tout ce qu'il voudra!

et dans un petit écusson, sur la culasse, le nom du fondeur, Wali Ben-Abdallah.

Les inscriptions des deux gros canons sur affût sont en langue turque, et semblables sur l'un et l'autre. Les mots suivants sont en vers:

Le roi du siècle, ombre de Dieu sur l'univers; le monarque du monde, sultan Sélim-Khan, étant monté sur le trône, le haut personnage, payeur du port, Hussein-Agha Badjous Kadri s'étant entremis, le sultan, dans sa gracieuse bonté, a manifesté sa bienveillance pour les guerriers de l'islamisme dans l'odjak d'Alger. L'an 1206, ce monarque du siècle, cédant à sa générosité, leur a octroyé ce canon.

Texte extrait du Magasin pittoresque, août 1835.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 22:32

 

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