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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 23:32

Extrait du journal La Nature, 1° décemre 1894.

" L'œil et la langue. En Bretagne, il existe une coutume bizarre. Quand une personne a le malheur d'avoir des corps étrangers dans l'œil, elle prie une de ses connaissances de les extraire avec sa langue. Bien que cette pratique ne soit peut-être pas d'une propreté excessive, elle est, paraît-il, très efficace: le toucher doux de la langue n'excite pas douloureusement le globe de l'œil et ses mucosités agglutinent les poussières qui se promènent sur la conjonctive. Un fait curieux que vient de nous faire connaître le Dr Marc'Hadour, c'est que cette méthode est systématiquement employée dans la médecine annamite: on se sert de la langue pour porter sur la conjonctive les topiques usités. C'est ainsi que pour la conjonctivite purulente, la langue porte dans l'œil une poudre composée ainsi: fleurs de sureau, de menthe, de camomille, sulfate de cuivre, camphre, un coléoptère (Sac-Vi), une racine aromatique (Duong-coui), le tout réduit en poudre. Voici une coïncidence curieuse.

H.C."

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 20:14

 Extrait du journal Le Voleur du 1° septembre 1864.

" On écrit de Douarnenez, samedi 20 août:

" A quelques pas de Douarnenez se trouve la plage du Riz, dont la beauté et l'étendue attirent chaque jour un grand nombre de baigneurs, qui viennent, à marée basse, visiter les charmantes grottes de la côte.

Jeudi, une jeune baigneuse, Mme M..., entra dans l'une des plus belles grottes. Elle y resta longtemps, si longtemps en admiration  devant la forme capricieuse des roches, qu'elle oublia que la mer montait; lorsqu'elle voulut se retirer, le flot fermait toutes les issues.

Mme M..., saisie de terreur, poussa des cris déchirants, que la mer étouffa sous sa voix plus puissante. Elle recula pas à pas devant l'invasion du flot, jusqu'au fond même de la grotte. Là, poussée par le désespoir et par la volonté d'échapper à l'eau qui montait toujours, elle se cramponna aux anfractuosités de la roche et se tint ainsi, à demi submergée, à demi noyée, pendant près de quatre heures, dans une position dont nous renonçons à décrire l'horreur.

Quand la mer, en se retirant, lui laissa de nouveau le champ libre, Mme M..., brisée par l'émotion et l'excès de fatigue, put à peine trouver la force de sortir de cet antre où elle avait failli périr d'une mort si affreuse.

La mer était calme, très-heureusement; car, lorsque le vent a un peu de violence, les vagues s'engouffrent rapidement jusqu'au sommet des voûtes." "

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 08:17

Extrait du Magasin pittoresque, mai 1871.

" Préjugé sur le champ du coucou. Anecdote.

Il paraît qu'en Bretagne on croit que cela porte bonheur d'entendre chanter les coucous.

Deux frères travaillaient dans un champ. Un coucou chante; l'un des frères dit à l'autre:

- Je l'ai entendu chanter le premier; c'est pour moi qu'il a chanté. Je vais tout de suite acheter la maison de mon voisin dont j'ai envie depuis longtemps.

- Non, dit l'autre; c'est pour moi. Je vais aller vendre ma jument au marché; je suis sûr que j'en tirerai un grand prix.

- Mais non, c'est pour moi. Allons tous deux trouver le juge.

Ils vont trouver le juge, et lui disent:

- Vous avez beaucoup d'expérience; vous allez nous tirer d'incertitude. Mon frère dit que c'est pour lui que le coucou a chanté, et moi je dis que c'est pour moi.

Le juge, après avoir beaucoup réfléchi, leur dit:

- Mettez d'abord là chacun un petit écu.

Puis, quand tous deux eurent déposé leur obole, il mit le tout dans sa poche, et leur répondit:

- Vous voyez bien que c'est pour moi que le coucou a chanté."

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 20:14

Article de La Nouvelle Revue de juillet-août 1897.

«  BRETAGNE.

LES GREVES. Les bourrasques de la mer et du ciel, car nous vivons au milieu des tempêtes, semblent contagieuses pour les hommes de chez nous. Il y a des tempêtes sous les crânes et la pointe finistérienne de notre province est particulièrement troublée.

Les cultivateurs de pommes de terre, à Loc-Tudy, ont encore eu à subir les assauts de commissionnaires intéressés, mais quelques défections ne pourront empêcher désormais l'action bienfaisante du syndicat.

A Quimper, ce sont les peintres qui ne veulent pas travailler et prétendent empêcher les ouvriers étrangers à la ville d'y venir remplacer les grévistes.

A Camaret, à Concarneau, les pêcheurs de sardine et de thon sont en grève, à Douarnenez, ce sont les soudeurs de boîtes. Des troubles de nature grave ont eu lieu sur divers points de la côte, la gendarmerie a dû intervenir; des arrestations ont été opérées.

Quelque intéressants que soient nos pêcheurs et quelques justes que soient, sur plusieurs points, leurs revendications, il faut bien leur dire que certaines de leurs prétentions sont excessives et certaines manifestations regrettables. De plus, comme toujours, malheureusement, en Bretagne, l'alcool, le terrible gwin-ardant, vient jouer son rôle d'excitateur, et ce sont bientôt des affolés qui ont la prétention de faire entendre de justes doléances.

Ce qu'il faut le plus blâmer, ce sont les bagarres entre ouvriers de villes voisines ou pêcheurs de ports voisins. Quand à Concarneau, on veut empêcher un bateau de Groix de décharger et de vendre sa pêche, il faut que les têtes soient terriblement échauffées pour que nos braves pêcheurs ne comprennent pas qu'ils outrepassent tous les droits, même celui de grève. Quand à la cale de Loc-Tudy, une bouteille d'eau-de-vie est la raison déterminante, l'ultima ratio d'un marché, il faut que nos cultivateurs sachent que cette raison là n'est pas bonne; il faut que tous ceux qui se plaignent se disent que les meilleures causes sont compromises par les braillards et qu'en fait de grève, la vérité n'est pas dans le vin. »

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 23:39

Article tiré du Journal des voyages du 5 février 1903.

" La misère en Bretagne.

Tous les cœurs se sont émus de la misère qui désole actuellement toute une partie de la Bretagne.

Dans la région qui s'étend e Brest à la frontière du Morbihan, la population vit exclusivement de la pêche à la sardine. Cette année, la sardine ayant quitté les côtes bretonnes en une émigration soudaine, les ressources font défaut, c'est une misère absolue, inexprimable: il y a vingt mille familles qui n'ont rien gagné et qui, depuis de longs mois, ont faim.

La hausse inattendue de la "rogue", l'appât indispensable à la pêche à la sardine a, par surcroît de malheur, empêché les patrons d'armer leurs bateaux pour la pêche lointaine.

Ce n'est pas tout: la récolte de la pomme de terre, qui forme le fond de l'alimentation des pêcheurs, est, cette année, en raison de la saison humide, presque nulle.

Et maintenant, c'est une détresse comme on n'en a jamais vu.

Pour venir au secours de ces malheureux, il s'est constitué à Quimper un comité à l'œuvre de solidarité duquel s'est associée toute la presse.

...

LA DIRECTION."

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 22:29

Texte tiré de la revue le Musée des familles de janvier 1848.

" La fête des rois.

... En plusieurs points de la basse Bretagne, notamment à Saint-Pol-de-Léon, on promène dans les rues, la veille de la fête des Rois, un cheval dont la tête et les crins sont ornés de branches de gui et de laurier, et qui porte sur son dos deux mannequins recouverts d'un drap blanc. Un mendiant le conduit, quatre notables l'accompagnent, et les enfants et le peuple lui servent d'escorte, en poussant des cris étranges. Le cortège s'arrête de porte en porte et demande l'aumône pour les pauvres. L'un remet de l'argent aux quatre notables, l'autre jette dans les paniers du pain, des bouteilles, de la viande, des gâteaux, etc. Si bien que le lendemain les indigents ont aussi leur festin des Rois. A chaque nouvelle offrande, le mendiant conducteur s'écrie: "Inkinnanné d'heginna' n'e: étrenne à moi" et toute la foule de répéter en choeur: "Inkinnanné! Inkinnanné!". Dans d'autres pays, on crie: "Au gui l'an neuf!" qui n'est sans doute qu'une corruption française du mot celtique; et les antiquaires voient là un reste de l'ancienne promenade du gui, que les druides cueillaient au nouvel an sur les chênes dépouillés.

Le jour de l'Epiphanie est encore choisi par beaucoup de paysans de basse Bretagne pour tuer le cochon qui doit nourrir leur famille jusqu'à l'été. La fête des boudins (Fest ar goadegennon) coïncide alors avec la fête des gâteaux. L'animal est égorgé en grande pompe. Son foie revient de droit à l'exécuteur, et tous les parents s'unissent pour manger les boudins. La part à Dieu est envoyée au curé, ou même au saint de la paroisse, surtout s'il a le bonheur de s'appeler saint Antoine. En ce cas, sa statue est exposée à l'entrée du cimetière. Une clochette fait appel aux offrandes, et les guirlandes de boudins viennent charger le cou, les bras et la ceinture du patron. Les membres de la fabrique, de leur côté, font une quête. Celui-ci leur donne une oreille de porc, celui-là un pied, cet autre le grouin; et nos marguilliers poursuivent gravement leur marche, portant ces pieds en guise de pistolets, ajoutant ces oreilles aux leurs, et se formant des casques avec ces museaux."

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 22:25

Article tiré du journal Le Magasin pittoresque de juin 1882.

" L’épreuve de la fontaine.

Dans ses Souvenirs d’enfance, M. Renan raconte qu’en venant au monde il était extrêmement chétif et débile. Pendant les deux premiers mois, on douta qu’il pût vivre. Un jour, une vieille femme du pays vint dire à sa mère qu’elle avait un moyen sûr de savoir le sort de l’enfant. Elle emporta une de ses petites chemises et alla la plonger dans une mare voisine qui passait pour sacrée. Bientôt elle revint, la figure tout épanouie, en s’écriant: « Il vivra, il vivra! La petite chemise a surnagé, elle s’est soulevée sur l’eau! » Plus tard, toutes les fois qu’elle rencontrait le jeune garçon, elle le regardait avec des yeux émerveillés et lui disait: « Oh! si vous aviez vu comme les deux bras s’élancèrent hors de l’eau! »

Cet usage de consulter certaines fontaines sur la destinée des petits enfants existe encore dans les campagnes de la basse Bretagne. C’est une épreuve solennelle; la jeune mère qui se décide à la tenter n’y assiste pas sans une profonde émotion; elle en attend le résultat avec un mélange poignant d’espoir et de crainte; mais le plus souvent, comme la prophétie est favorable, grâce à la bonne volonté, consciente ou non, de la personne expérimentée qui est chargée de la consultation, elle rentre chez elle rassurée et heureuse.

Il va sans dire que les fontaines que l’on interroge ainsi ne répondent pas d’elles-mêmes. Ce sont les fées, héritières des nymphes antiques, et dont Ronsard disait:

 

Et vous, dryades, et vous, fées,

Qui, de joncs simplement coiffées,

Nagez dans le cristal des eaux;

 

ou bien ce sont les saintes à qui ces fontaines sont dédiées, qui rendent l’oracle. Les unes et les autres, confondues par la crédulité populaire, invoquées par des cœurs naïfs, avides d’une assistance surnaturelle, sont censées révéler les secrets d’un monde supérieur, avec lequel elles sont en communication."

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:43

Ci-dessous un article tiré des Annales politiques et littéraires du 3 janvier 1897.

Au gui l'an neuf!

Les Parisiens et les Parisiennes négligent peut-être la fleur druidique. Mais, au fond de la Bretagne, elle a toujours gardé ses fidèles. Je sais un petit village aux environs de Quimper, où tous les ans, aux approches de Noël, se célèbre en grande pompe la fête du gui. Fillettes et garçons, ceux surtout qui ont dans le coeur un sentiment et qui rêvent de prochaines hyménées, se chaussent de gros sabots et s'en vont, bras dessus bras dessous, à la découverte... Ils s'égarent, deux à deux, dans la sombre forêt et cherchent le gui des chênes, le seul qui possède la vertu magique d'aider les amoureux et d'écarter d'eux les maléfices.

 

O filles et gars de Bretagne,

Voici le jour

D'aller cueillir par la campagne

Le gui d'amour!

 

Celui qui le premier rapporte au village une touffe de gui est proclamé roi de la forêt. On le mène en triomphe jusqu'à son logis et il a le droit d'embrasser toutes les femmes et toutes les filles qui passent devant sa porte. Puis on s'attable, car toute réjouissance populaire ne va pas sans un festin; on fait cuire des châtaignes sous la cendre, on les arrose de cidre, on danse la dérobée. Et chacun se va coucher avec la conscience d'un grand devoir accompli. Les jeunes filles superstitieuses, qui languissent dans le célibat et craignent de coiffer sainte Catherine, enferment dans un sachet les cendres d'une branche de gui calcinée; elles comptent que ce talisman leur amènera des amoureux... Et il paraît, en effet, que ce talisman est infaillible...

SERGINES..

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